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Février avait bien filé la moitié de ses jours. La Saint Valentin avait permis aux amoureux de se retrouver. On allait bientôt dans les contrées voisines fêter Carnaval.

Andréï et sa petite sœur Alexandra étaient allés patiner sur le lac gelé de Dver, non loin de la Volga. L'air était vif et froid mais un grand soleil recouvrait de son halo les collines environnantes .

Cela faisait bien trois quarts d'heure que les enfants glissaient joyeusement sur cette piste qui brillait tel un miroir. Les petits Russes connaissent les dangers de la neige car ils ont coutume  de s'adapter à la météo et à ses aléas.Tout à coup un renardeau sortit de la forêt voisine, jouxtant le lac gelé. L'animal était  pourchassé par une meute de chiens en furie. Il se risqua sur la glace et glissa de tout son corps et arriva comme un cadeau  dans les petits bras d'Alexandra.

-Ce renard est à moi ! S'écria un homme ! Je suis Poliévitch et je vous connais , tous deux et votre paternel Serguévitch .Apportez-moi mon renard !

-Si tu le veux ,viens le chercher ! lui lança Andréi.

Et les deux enfants portant le renardeau traversèrent d'un trait le lac et rejoignirent la berge et leur isba. Ils se déchaussèrent et pénétrèrent dans leur demeure : 

-Eh bien  ! que tiens -tu là dans tes bras ? Questionna la mère ?

-Rien ! Murmura en rougissant Alexandra

-Approche !

Andréi expliqua qu'ils venaient de sauver la vie à ce renardeau menacé par les chiens de Poliévith. La mère n'était pas contente

-On va avoir des ennuis ! Retournez déposer cette bête dans la forêt ! Immédiatement !

Les enfants s'exécutèrent.

Mais au lieu de relâcher le renard , Andréï eut une idée :

-Cachons-le et  on viendra  chaque jour le voir et lui apporter à manger ! Quand il sera adulte nous le relâcherons, ce sera l'été , il pourra se débrouiller seul pour se nourrir ! Qu'en penses -tu ?

-Je suis d'accord avec toi ! Approuva Alexandra .

-Je sais où le cacher ! Continua le grand frère . Dans la vieille isba abandonnée aux volets rouges . Il y a une trappe dans le plancher .On peut s'y glisser à l'intérieur. J'y suis déjà descendu ! 

Une écuelle un peu rouillée servit de récipient pour l'eau : la neige fondue. Les enfants donnèrent au renardeau leur goûter : une tranche de pain et un morceau de lard . Une fois bien installé dans la trappe du plancher , ils ressortirent de la vieille isba et  rejoignirent  leur demeure. Déjà la nuit tombait car en hiver en Russie la nuit tombe vite !

Ils étaient arrivés depuis peu qu'on frappa à la porte : c'était Poliévitch et ses chiens 

-Je viens récupérer mon renard , celui que vos  enfants m'ont volé !

-Nous venons de le relâcher près de la rive ! dit Andréi !

-C'est exact ! Dit la mère c'est ce que je leur ai ordonné de faire !

-C'est ce que vous dites ! Qui me dit que vous ne l'avez pas caché pour vendre sa peau ? Votre fils  m'a  manqué de respect en me criant : «  viens le chercher toi-même "! 

-Laissez mes enfants tranquilles ! S'exclama la mère qui s'était interposée entre la brute et ses deux petits.

Sur ce , arriva le père  : Serguei.

-Qu'est -ce qui- se passe ? Pourquoi crier dans ma maison sur mes enfants et sur ma femme ? 

-Vos enfants m'ont volé mon renard .Ou ils me le rendent !  ou vous   le payer !

-Ils l'ont relâché ! Dit la mère

-C'est égal ! Qui me prouve qu'ils l'ont bien relâché ? C'est comme s'ils l' avaient laissé filer. Je demande  à être dédommagé pour ce préjudice ! 

-Et à  combien estimez -vous le montant de ce préjudice  ! 

-A dix roubles  d'or ?

-Vous êtes fou ? Qui peut avoir tout cet or  ? hurla le père .

-L'isba que vous occupez est sur me terres et m'appartient en conséquence. Je vous donne sept jours , et je reviendrai avec mon huissier et quelques hommes d'armes. Si vous ne me donnez pas l'argent, je vous chasse, vous et toute votre tribu. Vous avez bien compris : sept jours et  dix écus d'or ou le renard sinon, c'est la porte !

 

 

Serguei exigea des explications .Les petits pleuraient mais ils ne dirent pas où ils avaient caché le renard.

Le lendemain de bon matin les enfants quittèrent la maison sans être vus avec du pain et du fromage. Ils atteignirent la vieille isba abandonnée, ouvrirent la trappe : « renardeau » était toujours là et fut ravi de retrouver ses sauveurs .L'animal mangea de bon appétit et but la neige fondue. Les enfants refermèrent la trappe et reprirent le chemin du retour. Ils n'avaient pas fait quelques pas , qu'Alexandra se laissa tomber sur le tronc d'un arbre et se mit à pleurer à chaudes larmes .Son grand frère Andréi, lui aussi s'effondra.

-Nous n'allons plus avoir de maison ! C'est notre faute ! soupirait le garçon.

Ils étaient dans leurs pleurs lorsqu' arriva au loin une calèche tirée par quatre chevaux .Elle poursuivit sa route mais au lieu de rester sur le chemin enneigé s'engagea malencontreusement  sur le lac gelé. .

-Elle va couler ! Elle est trop lourde et les cheveux vont mourir ! S'écria Andréï ! Va appeler père ! moi je vais  voir si je peux l'arrêter !

La fillette se redressa et courut chercher des secours .

Pendant ce temps  Andréï avait rattrapé la calèche et n'était plus qu' à quelques mètres :

- Stop  ! stop !  arrêtez, la glace est trop fine !

-A peine avait- il fini sa phrase que la glace craqua et  les chevaux tombèrent dans l'eau glacée.

Le jeune garçon vit deux têtes pointer à la portière : une fillette un peu plus âgée qu'Alexandra et une dame d'un certain âge. 

Andréï se tenait accroupi sur la glace qui n'avait pas cédé sous son  faible poids :

-Ne bougez pas ! on est allé chercher du secours ! 

Chaque minute  comptait et l'eau montait de plus en plus dans la calèche.  Serguei et son épouse arrivèrent enfin. Ils rejoignirent Andréï en tirant   une barque légère sur la glace.

 Quand ils furent à la hauteur de la calèche .Ils approchèrent  la petite embarcation :

​​​​​​​- N'ayez pas peur mademoiselle et madame ! Sortez à présent. Je tiens la barque  ! Enjambez- là  ! N'hésitez pas !

C'est ce qu'elles firent , rejointes par le cocher .

On ramena  les naufragés  sur la rive. Ils étaient trempés et transis de froid. 

​​​​​​​- Mon isba est à côté  ! proposa la mère ! 

Ils  suivirent leurs sauveurs. Les vêtements secs  et chauds remplacèrent les tenues élégantes .

On  fit boire du thé très chaud et on servit une bonne soupe  aux rescapés. 

-Nous avons perdu notre attelage ! dit la dame 

-Oui ! dit Serguei, on n'a pas pu sauver les chevaux  !

-Mais nous sommes vivants ! s'écria la jeune fille . Je me présente  Ivanovna, nièce du tsar. Mon père  est Yvanov Seigneur du comté de Dver.

-Votre seigneurie !  

-Je vous en prie, braves gens ! Vous  avez sauvé la vie  à ma gouvernante, à mon  cocher et à moi !  Mon père vous en sera éternellement  reconnaissant . Croyez-moi ! 

Andréï  partit  à la chercher  d'une calèche pour reconduire Ivanovna . Il revint avec un attelage de deux chevaux. La jeune fille demanda à Sergei de les accompagner et ainsi éviter toute nouvelle surprise sur les routes enneigées . Ce qu 'il fit. IL ne revint que le lendemain ,arborant un immense sourire :

​​​​​​​-Mes enfants ! nous sommes sauvés ! Le comte m'a remis une bourse d'or contenant une somme colossale .Nous quitterons cette pauvre isba  pour une maison spacieuse dans la  ville de Dver. Je travaillerai  sur le domaine de sa seigneurie Ivanov. Quant à  ce Poliétvich,  nous allons bien le surprendre. Quand il reviendra dans cinq jours , je lui donnerai et l'or et la isba.

Tous se congratulèrent !

​​​​​​​Les jours filèrent, occupés au grand déménagement et, pour les enfants, à rendre visite au renardeau.

Polièvitch et son escorte arrivèrent le jour dit . Le père lui remit la somme exigée. L'homme stupéfait prit les roubles, et les  compta et recompta avec l'huissier. Sergueï  très fier,  lui apprit  qu'il lui rendait également  sa misérable ferme.  Sans mot dire, Polièvitch tourna les talons et sortit.

Le père  fit venir ses enfants :

-A  présent , si vous me montriez l'endroit où vous avez caché ce renardeau dont tout le monde parle !

 

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Shana 05/03/2020 18:19

J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et un blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers (lien sur pseudo) Au plaisir.