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Publié par elsapopin

Lu dans “Télérama” : une colocation avec des migrants, au Perreux-sur-Marne ( Val-de-Marne ) : dans un ancien garage. L'association se nomme Caracol ( “escargot” en espagnol ), l'initiateur Simon Guibert, 27 ans.

Chacun des résidents verse 190 euros par mois pour les charges ( montant dérisoire dans la région parisienne ). Le propriétaire ne perçoit rien mais son local est entretenu sans frais.

Ils sont 5 : outre Simon, Virginie, une comédienne, et 3 réfugiés : un Somalien, Yassin, un Yéménite, Mohammed, et un Afghan, Roustam.

Simon, qui naguère rêvait de devenir explorateur, s'estime parfaitement en phase avec ce désir d'enfance. “ On a la chance ”, dit-il, de vivre à Paris, ville multiculturelle par excellence, habitons ensemble ! On a plein de choses à s'apporter”.

Ancien étudiant à Sciences Po Rennes, il a déjà, lors d'un stage en Angleterre, à Portsmouth, connu une colocation multiculturelle avec des jeunes du Pakistan et d'Arabie Saoudite, mais c'est un peu plus tard, à Genève, que les choses se sont précisées, lorsqu'il a découvert “la Ciguë”, coopérative suisse qui propose à des étudiants internationaux d'occuper à peu de frais des lieux vacants et de les gérer ensemble.

Ensuite, après l'Essec (école de commerce), où il a acquis les compétences nécessaires, il lance son idée formidablement généreuse : “Nous étions en 2015-2016, j'avais 23 ans et j'étais choqué, comme beaucoup, par les conditions d'accueil et l'isolement des étrangers qui demandent la protection de la France. J'avais envie d'échanges plus larges que les circuits d'aide bénévole, précieux, mais où la relation est toujours verticale” . Une relation “jupitérienne”, en somme. Et il n'avait même pas peur du Grand Remplacement ?

Témoignage de Yassin, arrivé de Somalie en 2015, seul : “J'ai dormi un mois dans la rue, puis dans des centres d'accueil. Heureusement qu'ils existent, mais on y a très peu de contacts avec la société française, dans laquelle on est pourtant amenés à s'intégrer”. Actuellement, Yassin travaille comme autoentrepreneur pour des entreprises en crise auxquelles il dispense des formations “en résilience et gestion de l'incertitude”.

Caracol emploie actuellement deux salariés +, bientôt, Simon, actuellement au chômage, qui a renoncé à une carrière dans la finance à l'inverse d'un certain nombre de ses condisciples à l'Essec. Pas tous puisque, déclare-t-il, “de plus en plus d'étudiants se tournent vers l'entrepreunariat social, solidaire, écologique”.

D'autres initiatives du même genre commencent à se développer dans d'autres villes de France.

Il y aurait, au pays des droits de l'homme, 6,8% de logements vides qui sont peut-être des résidences secondaires, tertiaires ou plus si liquidités.

Petite réserve : pour avoir droit à une place dans ces colocations, il faut avoir obtenu le droit d'asile.

Il n'empêche : de telles réalisations font chaud au cœur. Ces jeunes ne pensent pas à leur retraite, ils manifestent autrement (mais ce n'est pas une critique à l'égard des grévistes, c'est plus facile quand on n'est pas encore installé dans la vie).

Il est probable, en tout cas, que tous ces jeunes ne voteront ni pour Zeus ni pour Jeanmarine. Ils ont une vision toute différente de l'avenir.

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Carin-47 11/08/2020 19:13

Super découverte merci et belle initiative de ces jeunes ! du mal a comprendre votre coup de gueule du coup ? qu'en pensez vous ?