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Publié par elsapopin

Puisque j’en suis au rayon des patrons…
En tête de Gondole ! J’ai un patron éphémère…
Éphémère, comme ces petits insectes diaphanes vert tendre, qui naissent et meurent le même jour. A ce propos, dans ma profession, une fois, je reçois une réclamation, l’Avenue Dupont, est couverte de Kilos et de kilos d’éphémères… Et quand on connaît le gabarit du bestiau ! De plus, ça sent super mauvais, m’assure-t-on ! « Il faut faire quelque chose… ». Y a qu’à ! Faut qu’on !
Parfois, j’aperçois un éphémère entêté agrippé à un rideau, loin de l’eau...
Laissez-moi vous narrer et peut-être vous marrerez-vous ?

Après quatre ans comme Pionne, de 70 à 74, sans ressource, sans chômage, nous décidons avec Nicole, une voisine et amie plus jeune, de nous « placer » ensemble pendant l’été 75, dans un hôtel, distant d’une vingtaine de kilomètres de nos domiciles. Clin d’œil du destin, le restaurant est sis sur la commune où je déménage en 1981. ( Aujourd’hui, il n’existe plus ).
Service, plonge, ménage, logées nourries, en attendant mieux. Nicole et moi, nous pensions, bien nous amuser à travailler de conserve. Sans oublier le petit pécule, tout bénef, en fin de saison. Nous sommes déçues, car avant l’ouverture, le patron ne peut nous embaucher toutes les deux, il décide de commencer par moi… Nicole suivra dans une quinzaine de jours environ. Je n’y vois aucune malice… Certes, Nicole est la plus jeune des deux, la plus mignonne avec ses longs et lourds cheveux blonds qui flottent plus bas que ses reins.
Le premier matin, mon travail consiste à récurer la grande salle de restaurant… et à préparer le déjeuner, que nous prendrons ensemble… Je lui concocte un délicieux cassoulet… Facile pour moi, avec un ouvre-William-Saurin. Quoique parfois, certains de ces engins " récalcitrent " entre mes mains.
Nous mangeons face à face, sur une table étroite dans la grande salle. Il se montre très affable, ne marque point cette distance de bon aloi entre un boss et son employée toutes mains, fraîchement embauchée…
Malheureusement, il ne parle pas de la météo du jour d’avant, ni du temps du lendemain… Il m’annonce tout sourire :
- Cet après-midi, en revenant du Puy, je vous montrerai votre chambre, elle est accolée à la mienne, si vous avez peur la nuit, vous pourrez venir chez moi, je vous rassurerai…
Il continue :
- Je vais recevoir des amis, vous verrez, ils sont charmants, eux aussi…
Je suis estomaquée, je manque de m’étrangler avec un fayot ou un bout de saucisse…
Dès le repas terminé avec du Cantal ou du Saint-Nectaire et un fruit, il part pour ses démarches administratives. Tout a un goût amer… Je réfléchis vite, d’abord sa vaisselle il pourra se la coltiner… Je veux partir… Je n’ai pas de voiture, je ne conduis pas… Je suis apeurée, seule dans le bâtiment vide et immense… Je subodore que les seules primes de ce labeur éreintant, ce seront les coups de reins du patron et de ses amis, le soir venant…
Mon époux, fraiseur outilleur, se trouve loin, à l’usine. Affolée, je le joins, comme je peux, j’avoue ne plus me rappeler… Il arrive illico tel Zorro, pour me sauver et m'emporter dans sa FIAT 127 rouge...
Assis sur de hauts tabourets au Bar, nous patientons ensemble. Lorsque le concupiscent revient, dans sa voiture de célibataire qui se la pète, je l’informe que je ne veux pas rester. Il ne dit rien, ne me demande pas d’explications, et ne me paie pas non plus ma demi-journée…
Voilà, encore un débris de mon histoire.
Quand j’y repense, je me marre. Le tenancier voulait peut-être se montrer gentil… et moi, mauvais esprit, j’imagine amours ancillaires et tutti quanti, et même plus… sans affinités… alors qu’il s’agissait simplement d’empathie… ( Vocabulaire pas encore courant en 75 ).
Quelque temps après, je pars en formation AFPA à Beaumont dans le Puy de Dôme, 10 mois, rémunérée, et chambre remboursée, 40 heures par semaine, pour devenir Secrétaire Sténo Dactylo Aide comptable, c’est encore une autre histoire… et quelques petites anecdotes…

 

 

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