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Préambule
Toutes les espèces d'hirondelles et de martinets, des plus communes aux plus rares, sont protégées par le Code de l'environnement et l'arrêté ministériel du 29 octobre 2009, fixant la liste des oiseaux protégés.

Jusqu’alors quand Hubert partait en chasse, comme on partait en guerre, je me mettais en colère. Pourquoi me direz-vous ? Il y a tant et tant de chasseurs, un de plus, un de moins ? Alors que le gibier ! D'autant plus que le gibier traqué par Hubert n’intéressait absolument personne… les baleines, d’accord, les bébés phoques, mieux encore, les palombes ça classait son monde, d’aucuns défendaient même les vipères…
Hubert, lui, chassait les mouches. Il les haïssait, les petites agiles, les moyennes que l’on dit domestiques, les grosses noires qui chantent en volant lourdement. Je ne parlerai pas des autres, brillantes comme astiquées, de couleur noire, bleutée, ou verte…
Dès qu'Hubert apercevait la moindre mouche dans la petite maison aux glycines, il entrait en transe, attrapait, par son manche en fil de fer tressé, la tapette jaune, pendue près de l’évier et se mettait à l’affût. Lui, si calme et si policé, les aplatissait en proférant des insultes. Insultes féminines...
N’allez pas croire cependant que les mouches soient des gibiers de tout repos. Les grosses noires se taisaient et se terraient. Les petites se montraient rusées. Quant aux domestiques, elles ne se méfiaient pas, se posaient sur la tapette, comme pour narguer Hubert. Lequel n’avait de répit que le dernier diptère occis.
Dès que le printemps revenait et que nous aurions pu vivre toutes fenêtres ouvertes, il fallait vivre les volets clos. Hubert possédait des circonstances atténuantes ; il agissait en état de légitime défense. Son crâne lisse attirait les coups de soleil, les regards et les mouches. Le piétinement des six pattes, lui était insupportable.
L’arme brandie, il déclamait :
- Les mouches, rien de plus sale, elles véhiculent toutes sortes de maladies !
- Oui, oui, d’ailleurs, je me demande si vous n’avez pas été piqué par la tsé-tsé, lors de votre séjour en Saint-Affrique ?

Toujours, je prenais la défense des mouches, allant même jusqu’à prétendre que je les aimais. Par esprit de contradiction, une de mes malfaçons. Sauf que lorsque l’air était lourd le soir, ou qu’un orage se dessinait, je trouvais assez ingrat de leur part, cette propension à me piquer. Je ne les tuais pas, j’appelais simplement le maître des hautes œuvres… Il exécutait sans barguigner…
Il écrasait ces pauvres petits insectes avec délectation, sur les vitres, sur les murs, sur les portes du buffet, sur les dossiers des chaises. Partout sauf sur la table, no man’s land !
Sa jouissance enfantine était à son comble lorsque du même coup de tapette, il pouvait en écrabouiller (ben oui, ancien verbe, je rentabilise mes deux nouveaux dicos de mots anciens) deux, voisines ou superposées. Passons les détails qui pourraient être scabreux, s’il ne s’agissait de diptères brachycères.
Puis un jour, mon attitude changea. Non seulement j’incitai, et j’encourageai Hubert dans sa chasse, mais je me mis également à attaquer les mouches. Je n’étais pas très habile dans le revers droit de la tapette…Je ne tapais pas assez fort et la mouche s’envolait, légèrement étourdie, comme saoule, impossible à rattraper. Je tapais trop fort et la victime n’avait plus rien de domestique, mais plus exactement un aspect de purée. Pouah ! Bientôt je fis des progrès et je sus doser ma force pour les assommer sans les réduire en bouillie.
La chasse aux mouches, tout un art ?

A suivre lundi 11 novembre....

 

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