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Boudiou, je vous imagine débaroulant à la manière d'un sanglier, des fougères sur le crâne comme un militaire en planque, essoufflé d'avoir mouliné dans les rousses hampes crissantes d'automne.
Vous m'auriez regardé d'abord, mesurant l'ampleur de ma désespérance d'un seul regard.
Mes yeux rougis, cernés de mascara, mes épaules ployées comme portant un fardeau, ma bouche amère, tout cela vous aurait serré le cœur.

Moi qui aime tant rire, j'étais tellement en peine.

Doucement, pour ne pas m' effaroucher, vous vous seriez avancé, vous entropant dans les ronces griffues, écartant d'un geste de semeur les fragiles herbes hautes panachées de p'tites graines.
Reprenant haleine peu à peu, respirant un grand coup pour calmer votre trouble, vous auriez ouvert vos bras de chasseur poilu (c'est vous qui le dites) pour me recueillir dans leur chaleur...
Votre main sur ma nuque, pour coller mon nez contre votre torse, votre bras autour de ma taille pour bien me plier à vous, vous auriez respiré mes cheveux...
Puis, aspirant mon chagrin, vous auriez murmuré les mots qui consolent, les mots doux des hommes qui savent les peines des femmes.

Je vois vos yeux fermés pour ne penser qu'à moi, ma raideur qui s'amollit, le calme qui me prend... petit à petit...
Vous desserrez votre étau, m'éloignez un peu, passez votre pouce sous mes yeux pour effacer ce charbon qui les souille, glissez sur ma joue, effleurez ma bouche.
Déjà, je suis moins amère parce qu'un homme partage ma misère....

Puis votre bouche sur ma joue...

Puis vos lèvres dans mon cou, grappillant sur la veine saillante qui pulse ce reste de chagrin qui se dilue enfin...

Le trouble qui nous tient...Nous glissons...

 

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