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Il ya quelques jours, l'écrivaine Toni Morrison nous quittait, une grande auteure, une femme de conviction...Il n'en fallait pas plus pour que Pénicaud ( la  gourde  dont les bourdes ne se comptent plus )se sente obligée de lui rendre hommage...Et patatra, les pieds dans le tapis, elle se fend d'un tweet maladroit au mieux, raciste au pire.... Jacques Soncin, ( journaliste, critique des médias et militant écologiste )dont je suis la page, a remis, lui, les pendules à l'heure et  ça fait du bien.

Elsapopin

L’écrivaine afro-américaine, Toni Morrison, est décédée le mardi 6 août 2019.
C’est par un tweet que Muriel Pénicaud, actuelle ministre du Travail, qui ne connaît visiblement pas grand-chose à la littérature, a voulu saluer son départ : 
« Hommage à une très grande dame, écrivaine, poète et militante, Toni Morrison. Grâce à elle, les noirs ont enfin pu entrer par la grande porte dans la littérature. Les mots réveillent les consciences et les cœurs, ils font reculer le racisme et la haine. Les mots ont un pouvoir ». 
Prix Pulitzer en 1988, pour « Beloved », Prix Nobel en 1993, qualifiée de trésor national par Barack Obama, Toni Morrison est incontestablement une très grande dame douée d’un immense talent. Mais là où Madame Pénicaud dérape fortement c’est lorsqu’elle prétend que « les noirs ont enfin pu entrer par la grande porte dans la littérature » !

D’abord, petite remarque orthographique non négligeable, on dit, en bon français, les Français, les Américains ou les Japonais, on doit donc dire, évidemment les Noirs, avec un N majuscule, si on tient à employer ce terme. Ensuite, d’un bon coup d’amnésie, elle oublie, Wole Soyinka ( prix Nobel 1986 ), Gwendolyn Brooks, Léopold Sédar Senghor, Amadou Hampâté Bâ, Richard Wright, Aimé Césaire, Mongo Béti, Chester Himes ou Alexandre Dumas… et bien d’autres évidemment.

Pendant quelques secondes, notre ministre s’est prise pour Sarkozy pendant son discours de Dakar de sinistre mémoire. Mais ce gros coup de gomme institutionnel remet en ma mémoire l’histoire d’Alexandre Dumas, lui aussi doué d’un immense talent : quels enfants ne connaissent pas les « Trois Mousquetaires » ? Qui n’a pas été cloué sur son fauteuil en lisant « le Comte de Monte-Cristo » ?

Mais bizarrement, les Dumas furent victimes d’un double oubli. D’abord le père, Thomas Alexandre Davy de la Pailleterie, dit le Général Dumas, Afro-antillais, né esclave, qui devint un général emblématique pendant la Révolution, il fut le premier haut militaire ayant des origines afro-antillaises dans l’armée française. Il y en eut d’autres, Toussaint Louverture ou le Chevalier de Saint-George, notamment. Il se fit remarquer pendant la guerre de Vendée, la guerre des Alpes, la campagne d’Italie ou la campagne d’Egypte. Les ennemis de la Révolution l’avait surnommé « le diable noir ». Napoléon, criminel raciste de haut vol, coupable, en rétablissant l’esclavage, du crime contre l’humanité, défini par la loi Taubira, le renvoie de l’armée, prend un arrêté qui bannit « tout officier ou soldat de couleur – même réformé – de Paris et de ses alentours ». Il tombera ainsi dans un oubli presque total, malgré les victoires décisives qu’il a remportées pour la jeune république française. Son fils, qui avait 3 ans à sa mort, fut tout à fait reconnu pour son œuvre, mais si, actuellement on continue d’en parler dans toutes les écoles, il aura fallu attendre le 21ème siècle pour que ses origines afro-antillaises soient évoquées. Et encore aujourd’hui, on occulte le racisme de Napoléon. Ce sont bien ces amnésies, ces mensonges, ces racismes qui permettent à Madame Pénicaud de débiter ses âneries.

 Jacques Soncin (https://www.facebook.com/jacquessoncino/posts/454191885137048?__tn__=K-R)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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