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MARCELINE DESBORDES-VALMORE
1786 - 1859.

Marceline Desbordes quitta très tôt sa ville natale, Douai, et n'y revient guère. Mais elle n'y songeait jamais sans nostalgie : " Mon père était peintre en armoiries ; il peignait des équipages, des ornements d'églises. Sa maison tenait au cimetière de l'humble paroisse Notre-Dame à Douai. Je la croyait grande, cette chère maison, l'ayant quittée à sept ans. Depuis, je l'ai revue, et c'est une des plus pauvres de la ville. C'est pourtant ce que j'aime le plus au monde, au fond de ce beau temps pleuré" (lettre à A. de Latour, 1836).

Marceline fut une actrice célèbre de l'Opéra-Comique en 1805, à l'Odéon en 1813. Un critique disait d'elle en 1818 : "Toujours du talent, mais trop de sensibilité".

Elle épousa l'acteur Valmore qui était de sept ans plus jeune qu'elle. Par la suite, elle eut la douleur de perdre quatre enfants.

Elle publia son premier recueil de poèmes en 1819 ( Elégies et romances ). Baudelaire, Rimbaud et Verlaine goûtèrent sa poésie mélancolique, aux rythmes étranges et subtils.

On connaît trois poésies de Marceline en picard : Amour partout (1827), Dialogue (date de composition incertaine, peut-être 1938) et Oraison pour pour la Crèche (1849).*

*Bibliographie : Claude Deparis : "Poésies en patois et Notes sur les poésies en patois de Marceline Desbordes-Valmore". Linguistique picarde, décembre 1974 (Amiens, Musée de Picardie).

                                   Marceline - Collage de Joce-Lyn Di Giuseppe.

Extrait d'un DIALOGUE  entre une fille qui veut se marier et sa mère qui la prévient
que le mariage n'a pas que des bons côtés... Ci-dessous, le final de ce texte remarquable en picard, qui date très probablement de 1838.

La Mère :
D-u ch'qu'il ét ch'marieu (1) qu't'in parle tant ?
La Fille :
Je n-n'é paù core, mé n'y-y'in-n a tant ! (...)
N-y'a pu d'amoureus qu'vous n'pinséz :
Avècq in je n-n'oré assé.
Vla no Ro(2) qui n'ét pu in ghère ;
J'arei (3) bintot treuvé mn'afère.
Cinbin n'véyons-nous point d'garchons
Qui raqueure(4) din leu màzon ?*
N-y'in-n a dés bios, dés vius, dés jonnes,
Rachmés(4) fin bin a rouches maronnes(6),
Forts come Gayant(7) é Barabna ;
Aveucq leux galons su leus bras
E dés grands pluméts su leu t:ète (8),
Qu'cha fét tranné(9) quand in lés 'rwète(10) !
N'y'a point in tchièn, n'y'a point in cat
Qui n'leu tire sin capio in ba.
Àcouteiz l'tanbour su chèle plache...
Si l'bon Dieu l'veut, ch'ét mn'ome qui passe.

La Mère :
Prind tin tin coussin, va-t-in euvrei(11),
Fot ète deus pou s'mari.ei.

Marceline Desbordes-Valmore.
orthographe d'Ivar Ch'Vavar.

(1) Où est-il ce candidat au mariage (?) (2) notre Roi. (3) J'aurai... (4) Qui reviennent... (5)Equipés. (6) à culottes rouges. (7) Gayant est le géant de Douai. (8) sur leur tête. (10) Quand on les regarde. (11) Prends ton coussin (de dentellière), va travailler.

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