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Le voyant pénétrer, hautain,

Dans l'arène avec son costume

Qui mettait, comme de coutume, 

En exergue son popotin,

La muleta déjà prête,

Dans l'assistance on se figea.

 

Mais voilà qu'au son du paso,

Contrevenant à l'ordinaire,

L'animal s'en fut, débonnaire,

Un sourire sur le museau,

Tanguant, telle une balançoire,

Au bord de la piste s'asseoir.

 

C'est en vain que le picador, 

Pour l'arracher au nirvana,

Furieusement l'aiguillonna

Aux cris de " Charogne, tu dors ? "

Aux fanés, aux véroniques, 

Obstiné, il faisait la nique.

 

Entrèrent cinq autres bêtes

Mais, touts, elle se dandinèrent

A l'instar de leur congénère,

Désinvoltes, sur leurs gambettes

Et, fort dépité, le public

Repris ses claques et ses cliques.

 

De conscience cette objection,

Initiée par quelques bovins,

En quelques semaines parvint

A la grande consternation

Des gens férus de corrida,

A les priver de leur dada.

 

La guerre venant à passer,

Les pauvres, décontenancés,

En mal, hélas, de mise à mort,

Allèrent voir les matamores

Et à nouveau de jubiler 

En s'exclamant " Olé ! Olé ! "

 

Quand, par des balles égarés

tour à tour ils furent fauchés,

Devant leur minable jonchée

Tous les taureaux de la contrée,

Fort de ce tour à leur façon,

S’esbaudirent à l'unisson.

 

 

 

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