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Les femmes sont toutes mes tantes, 
Et les hommes sont tous mes tontons.
Les filles, mes soeurs, me filent leurs lentes 
Et les garçons, mes frères, chassent des chatons.

Dans cette bicoque, c’est « mon fils »
Dans l’autre ; c’est « mon fils chéri.»
Liens tissés; paroles fraternelles qui bissent 
Dans le douar, résonnent là-bas et ici.

Main dans la main, récoltant les brindilles, 
Et les feuilles sèches pour le feu du soir, 
Qui rassemble toute la famille, 
Tous les habitants du douar.

 

Le trône de nuages

Je lève les yeux vers les nuages nombreux,
Bohémien, oisif, simple mais bienheureux.
Je regarde les nuages plus grands que ciel;
Pour ne point voir ma pauvreté matérielle. 
Je regarde donc le ciel, me mets à rêver
D'être moi-même ce soleil qui s'est levé
Et élevé au-dessus du trône des nues, 
Je le fais donc, oui je rêve en haillons, pieds nus,
Rêvant tête en l'air, aux cieux, je me fais soleil; 
Je me dis roi et j'y crois, je me fais merveille,
La lumière des lumières, l'astre des astres, 
Volant, je flotte loin de ma vie en désastre.
Sur le trône du ciel nuageux, dans mes rêves
Je me délecte d’une gloire, mince, brève.
Les matinées donc, mes yeux vers le ciel je lève
Car je suis le fellah qui n'a plus que ses rêves...

 

 Recueil : les bruits du silence de Samih Youssef.

 Samih Youssef : La famille et Le trône de nuages
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