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Publié par elsapopin

Je savais que nul bateau ne quitterai jamais l'Île, qu'elle ne serait jamais une escale, seulement une épave elle aussi, oubliée et retenant de toutes ses forces la mémoire de ceux qui y abordaient. Je la baptisais " Sous France des Tropiques ".

La laque du lagon est une grande voile couchée que l'Île ne peut redresser, chargée de tant de marchandises, de rêves qui achèvent ici leur destin, leur dérive sur ce cercle où l'on peut de tout point commencer et finir son histoire.

Belle, immobile, captive, elle attend le cyclone, le volcan qui la font bouger, tressaillir dans ses entrailles quand elle enfante une langue de feu qui coule vers l'océan et deviendra noire, stérile dans sa clarté d'obsidienne. Île, illusion tu permettais aux hommes toutes les transgressions. Je ne pus me défendre contre toi ni t'apprendre à de défendre des hommes. Il fallait te quitter ou se perdre en toi chaque jour, chaque nuit, toujours plus. Île, illumination, minuscule point sur la carte du Monde, elle m'a pourtant menée aux étoiles ou plutôt reconduites à elles qui s’emparèrent de mon désir de partir.  Elles étaient toutes là, toujours là, cohorte me dirigeant chaque nuit vers un autre monde. mon désir avançait avec elles, vers elles, toujours plus loin.

Je cherchais la plus petite étoile, signe dessinant sa propre existence prise dans la lumière des autres, sans jamais disparaître d'une chorégraphie où l'espace restait ouvert, offert. La page du ciel  était un livre où jamais les étoiles n'interrompaient leur oeuvre. Plein des mots luisants de la nuit, je pus enfin m'endormir.

Je savais  que je retrouvais la petite étoile n'importe où dans le monde. La nuit insulaire redimensionnait tous les voyages, les errances, les demeures passagères, les émotions violentes, fulgurantes ou délicates. Du coeur de la plus infime d'entre elles rayonnait tant d'énergie. sa température atteindrait des millions de degrés jusqu'au la fusion nucléaire, incomparable à l'addition de toutes les fusions amoureuses de tous les temps. Elle brillait depuis si longtemps et brillerait des milliers d'années. Elle était si petite. Plus une étoile était infime plus s'éloignait sa mort. J''ai souvent rêvé durant ces nuits, d'être sur la terre la plus petite étoile.

 

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