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Publié par elsapopin

 

AFP PHOTO / KARPOV / SOS MEDITERRANEE ) L'Aquarius...un Exodus d'aujourd'hui, ou malheureux et désespérés venus d'Afrique se sont retrouvés après avoir vu leur  " coque de noix " chavirer lors d'une traversée, qui loin être " un billet pour l'Eldorado " n'est que le dernier espoir avant  une mort plus que certaine. Monique Sérot Chaibi, bénévole de SOS Méditerranée ( il y encore en France des patriotes, des vrais qui pensent que Liberté Egalité Fraternité et Humanité sont les quatre  plus beaux mots de la langue française ) a visité l'Aquarius il y a quelques jours et elle nous livre son témoignage fort, bouleversant et qui pose cette question humaine :  comment  peut-on regarder quelqu'un mourir sans rien tenter pour le sauver , comment peut-on ne serait-ce que détourner le regard ?

" Quand vous sortez d'une visite sur l'Aquarius et d'une conférence de presse sur la situation actuelle des bateaux de sauvetage des migrants, quand vous entendez les témoignages poignants des marins et médecins à bord et que vous sortez la gorge encore nouée, que vous longez la rue qui borde le port pour voir une foule amassée dans tous les bars, les yeux rivés sur des écrans plats, les joues peintes en tricolore, la tête parfois recouvertes de chapeaux ridicules, hurlant de joie cocoricante lorsqu'un but est marqué, vous avez du mal à penser que nous faisons partie de la même France (même si je n'ai rien contre mes amis amateurs de beaux matchs !) ...

Nous sommes donc montés à bord de l'Aquarius pour une visite. Notre " guide " est un des marins : Ludovic Duguéperoux. Ancien infirmier, il est aujourd'hui l'un de ceux qui tendent la main aux réfugiés qui échappent à la mort grâce à leur courage et leur détermination. Ludovic n'a pas hésité à risquer sa propre vie pour récupérer un homme qui s'enfonçait dans les vagues et le fuel. Dans ses yeux, dans sa voix, demeurent encore l'émotion de ce fameux jour où l'Aquarius s'est vu interdire d'accoster avec ses 629 rescapés. Lui se refuse à les appeler des migrants... Il n'a qu'une obsession : respecter les droits maritimes qui exigent que l'on sauve tout être humain en danger de noyade. Et il nous est reconnaissant, à nous, les bénévoles à terre, qui respectons aussi cette loi, nous qui militons " dans le confort " pendant qu'ils affrontent la houle, les dangers, les garde-côtes libyens, la mort et les récits terribles de ceux qu'ils sauvent au quotidien !
Il n'y a plus de rescapés à bord de l'Aquarius, empêché de continuer sa mission à cause de lois et d'accords imbéciles et criminels, mais on les voit partout, ces êtres qui ont transité quelques heures, quelques jours, sur les ponts, dans les coursives ou sur les brancards de la clinique.
On imagine mal 629 personnes entassées sur le pont, giflées par les vagues, vomissant, frissonnant ou au contraire supportant le sol métallique par 40°. Trois toilettes pour hommes, une pour femmes, des heures à attendre pour y parvenir. Et pour le repas, c'est pareil...Attendre, encore attendre... 
Quand ils arrivent à bord, un par un, ils sont nus. Ils ont dû quitter leurs vêtements trempés d'eau de mer et de fuel, souillés par les vomissures, le sang, ou les excréments, ils ont la peau brûlée, ils sont groggy à cause des émanations, ils avancent comme des zombies. 
Et ils ont derrière eux des années de guerre, de famine, de dictature, de tortures, de viols, d'esclavage. 
Comment ne pas les aider ? Comment ne pas comprendre que leurs maux, pour la plupart, nos gouvernements les ont créés ? Que ce sont nos frères, nos sœurs, que l'on a jeté sur ces choses que l'on a peine à nommer " bateaux " en leur faisant croire qu'il traversaient un fleuve ( la plupart n'ont jamais vu la mer ! ) et qu'il seront vite secourus ????

Monique Sérot Chaibi, Bénévole SOS Méditerranée Montpellier.

 

 

Photos : Clinique à bord de l'Aquarius. Les médecins de Médecins sans frontières y soignent les personnes souffrant de graves lésions cutanées, les personnes blessées par les balles des passeurs et par les tortures de toutes sortes. 5 bébés y sont nés.

 

Voilà des Passages piétons qui me plaisent !

Ils ont bien la tête de l'emploi !

Mafia Bretonne...Fais gaffe, Manu, elles manient la crêpe comme personne...Pirate !

En marche arrière et Manu tu l'as fait, toi, ton service ?

ET pendant ce temps coulent les bateaux et trépassent nos acquis sociaux....

Voilà à dimanche prochain ! 

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Laurent de Coudenhove 03/07/2018 19:36

Ils ne veulent entendre, engoncés dans leur confort égoïste, ils ne veulent partager. Les réfugiés cumulent de plus les points négatifs : ils sont noirs, ils sont pauvres. Mais nous ne devons nous taire pour notre propre salut. Ce serait trop confortable pour eux de ne pas voir soulignée leur infamie. Merci pour cet compte-rendu explicite.