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Publié par Phillippe Guillaume

C'est vers un monde ensoleillé dans tous les sens du terme que nous entraîne " Avanti " de Billy Wilder.

Vers cette Italie où grèves et siestes sont vecteurs de bonheur. Les premières immobilisent à Ischia, Wendell Amburster, PDG américain un peu stupide, et lui permettent de tomber amoureux de la gourmande Pamela Pigott bizarrement soucieuse de perdre les formes généreuses qui lui vont si bien et la rendent si appétissante !Wendell, venu remplir des formalités suite au décès de son père, apprend que ce dernier avait une maîtresse et que celle-ci n'était autre que la mère de Pamela.

Certes, l'ensemble fleure bon le cliché : spaghettis, petites combines, gesticulation, corruption sympathique. Rien de plus tarte et de plus cloche qu'un dîner d'amoureux accompagné par un orchestre. Mais, en Italie, on écoute en boucle " O sole mio "pendant qu'évolue sur la piste un vieillard tonitruant soutenu par d'accortes infirmières. La jolie Pamela pousse la cansonetta jusqu'à l'aube  et Wendell  rejoint de joyeux pétanqueurs. La musicalité sensuelle de la langue italienne berce cette idylle et qui a vu ,jadis ( et surtout entendu ) couler una lacrima sul viso reconnaîtra les vertus

délicieusement mélancolique du bel canto.

 

Comparons ce qui n'est peut être pas comparable, Wilder et Visconti.

L'errance pathétique de Dirk Bogarde/Von Aschenbach dans " Mort à Venise " et l'aventure de Jack Lemmon et Juliet Mills. Qu'est venu foutre à Venise cet insupportable poseur, ce spectateur de la vie des autres qui refuse d'entrer en contact avec eux ?

Des musiciens pittoresques viennent secouer la torpeur du grand hôtel des bains et notre diguenusse fait les gros yeux, tord la bouche, et arbore sa mine de constipé prétentiard avant de rejoindre sa suite pour se reluquer et se poudrer en chialant sur la fuite du temps. Quand, le cirage passé sur ses cheveux dégouline sur sa triste tronche, je ne retiens pas mon hilarité et Casanova ferait de même devant ce vaniteux qui jamais  ne tente de draguer le jeune Tadzio pour lequel il se consume de désir.

Laissons-le se consumer et rejoignons vite Pamela et Wendell.. De la taverne Polynésienne aux trattorias  d'Ischia, les vieux briscards d'Hollywood, les John Ford et Billy Wilder nous répètent en fin de carrière, que les voies du bonheur ne sont pas impénétrables. Permesso? AVANTI...E CON ARDORE...

CINE PHILL

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