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Publié par carmen Montet

L'histoire se passe en Russie, ce grand pays du Nord, si vaste et aux hivers si rudes.

Il était une fois un bûcheron et sa jeune épouse. Tous deux vivaient heureux dans la forêt. A la naissance de leur   premier enfant, un fils, l'homme planta un chêne. L’année suivante, à la naissance de son deuxième garçon, le bûcheron planta un autre chêne. Puis, l'année d'après, à l'arrivée de son troisième fils, il planta encore un troisième arbre, toujours un chêne.

 Quinze années passèrent. La famille n'avait jamais manqué de rien, car le père courageux et travailleur, était un habile bûcheron mais aussi un habile forgeron qui rendait des services à la forge du village.

Hélas le malheur vint à frapper la famille : le père et la mère succombèrent à une méchante grippe, laissant trois orphelins. Avant de mourir le père fit promettre aux garçons de ne pas toucher aux chênes. Les enfants promirent..Le temps passa...Une année.

La faim et le froid s’installèrent dans le pays .Les garçons ne se préoccupèrent pas de » prévoir des provisions pour l'hiver »,et d'amasser du bois pour se chauffer. Ce fut un hiver terrible et féroce.

Les fils avaient oublié la promesse faite au père et allèrent dans la forêt afin de couper les trois chênes pour vendre le bois et s'acheter nourriture, vodka et bois de chauffage. L’aîné commença donc à frapper son grand arbre. Le cadet fit de même, ainsi que le Benjamin. C'est alors qu'un grondement horrible les arrêta net dans leur triste besogne. Des éclairs effrayants les immobilisèrent. Une voix sortie de nulle part les paralysa

- Halte là ! Avez-vous oublié votre promesse ?

C'était la voix du père ! Les trois garçons en larmes tombèrent à genoux et l'implorèrent :

-Père, nous avons faim et froid ! Aidez-,nous !

Alors le premier chêne, celui de l’aîné, tendit au premier fils de grandes branches et la voix reprit  :

-Tu peux couper ces branches et te chauffer avec !

Le deuxième chêne  secouant ses branches  en fit tomber trois poules et un coq qui s'y étaient réfugiés, fuyant le renard.  Le troisième, celui du benjamin ouvrit son tronc et en sortit trois lièvres gras que les garçons attrapèrent.

- Père ! s'écrièrent les  garçons, Grand merci ! Pardonnez-nous ! Nous vous promettons d’être vigilants à présent !

-Travaillez, économisez, préservez ce dont vous avez besoin ! Conseilla encore la voix.

Les trois fils retournèrent dans leur chaumière et passèrent un hiver à l'abri de la privation et du froid. L'année passa. L'hiver suivant fut pire que l'hiver passé ! Ils mangèrent le coq et les poules qui ne leur donnaient plus d’œufs faute de soin.

Bientôt, n'ayant plus rien, ils retournèrent auprès des chênes demander une nouvelle fois l'aide de leur père :

- C'est la dernière fois que je vous aide ! Gronda la voix mécontente. Vous deviez travailler et mettre des provisions de côté ! Qu'avez-vous fait ? Rien, à part vous amuser, perdre votre temps en frivolités !

- Père ! Dit alors le cadet. Je vous promets que nous allons travailler !

- Oui ! reprirent en choeur les deux autres garçons.

Une fois de plus les trois chênes leur procurèrent poules, coq, lièvres et bois. L'hiver passa. Mais deux des garçons, l’aîné et le benjamin, ne respectèrent pas la promesse faite à leur père et perdirent leur temps en oisiveté, paresse, et fêtes.

- Nous devons travailler ! ne cessait de leur dire le cadet ! Nous l'avons promis au père et il faut nous préparer pour l 'hiver !

- Bah ! disait l’aîné » ! l'hiver est encore loin ! Avec les œufs des poules nous avons largement de quoi manger et nous avons du temps pour nous amuser !

Le plus jeune se laissa influencer par son grand frère et n'écouta pas son cadet. Alors ce dernier seul se mit à cultiver la terre, à planter des céréales, des légumes, à acheter quelque bétail, d'autres poules. Il chassait souvent et mettait des collets dans la forêt, attrapant ainsi des lièvres et des cerfs. Il travailla aussi quelques heures à la forge du village comme son père l'avait fait avant lui.

A l'été il épousa   la fille du forgeron et s'installa avec elle  dans  une coquette maisonnette non loin ce celle de ses frères. L'été passa. L'automne, cette année-là fut précoce et très rigoureux. Les deux frères durent manger les poules et le coq et se trouvèrent vite aussi démunis que les deux hivers précédents. Ils demandèrent de l'aide à leur frère. Cadet leur donna à chacun deux poules, et quelques lapins, du pain. Il leur conseilla aussi de mettre une clôture autour de la maison paternelle car Renard rôdait. Mais ils ne l'écoutèrent pas et Renard vint avec des compères voler les poules  des deux  nigauds. Démunis encore une fois , ils se rendirent à nouveau chez Cadet :

- Frérot peux-tu nous aider ? Renard nous a tout volé !

- C'est de votre faute ! hurla Cadet en colère ! Votre paresse et votre sottise sont les responsables ! Ce n'est pas vous rendre service que de vous aider ! Partez, je ne vous donnerai plus rien tant que vous ne travaillerez pas et que vous ne changerez pas !

Et il les mit à la porte.  Ne sachant que faire, les deux paresseux décidèrent de se rendre auprès de leurs chênes et de les couper pour en vendre le bois qui était très demandé. Ils allèrent chercher des haches et ils arrivèrent à l'orée du bois. Ils demandèrent de l'aide mais personne ne voulut les aider. Alors l’aîné commença à frapper le tronc de son arbre une fois ,deux fois, puis le le benjamin fit de même. Tout à coup des éclairs effrayants jaillirent dans le ciel, et la foudre s'abattit sur les  haches, laissant les garçons pétrifiés. Ils lâchèrent les haches en feu et s'enfuirent....Effrayés, ils se terrèrent  dans leur cabane durant deux jours sans oser sortir. Puis ils décidèrent de changer complètement de vie, ils trouvèrent du travail à la forge et à la menuiserie, cultivèrent champs et parcelles et se marièrent.

Plus tard, lorsqu'ils eurent à leur tour des enfants ils plantèrent à chaque naissance un nouvel arbre et protégèrent ainsi la forêt pour les futures générations.

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