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Publié par Pierre Thevenin

Pour changer un peu, cette semaine, je vous offre un coup de cœur (ou un coup de gueule contre la camarde) : c'est Elsapopin qui m'a donné l'idée, avec son texte de Jean D'Ormesson sur la flemme : L'auteur s'appelait Pierre Louki, hélas à son tour disparu. Quant au Georges à qui s'adresse cet hommage ( le meilleur, à mon sens, et pourtant Dieu sait s'il y en a eu !), vous trouverez sans difficulté son nom de famille !

Allô, viens, je m'emmerde :

 

 

C'était au temps où Georges m'appelait pour me dire :

 

« Allô, viens, je m'emmerde,

Si t'as du temps à perdre,

Viens donc t'emmerder avec moi".

Cet appel laconique

Qui peut sembler comique

M'a souvent mis le cœur en joie.

J'arrivais dare-dare,

Les occasions sont rares

En ces temps de se dérider,

Et, sans geste futile, 

Sans phrases inutiles,

On s'installait pour s'emmerder.

 

Assis, grand bien nous fasse,

Tous les deux face à face, 

L'emmerdement ne tardait pas,

Pour s'emmerder de cette 

Façon, pas de recette,

Faut savoir faire le premier pas.

Emmerdés volontaires,

On décollait de terre

A peine le temps de s'associer,

O détresses amères de

Celles et ceux qui s'emmerdent

Et ne savent pas l'apprécier.

 

L'emmerdement d'élite

Provoque d'insolites,

D'inclassables comportements.

Moi, je restais de marbre

Mais lui, c'était un arbre

Ses branches remuaient en dormant.

Soudain, sans crier gare, 

Saisissant sa guitare,

Il arrachait quelques accords

Qui restent en moi et grondent,

Cicatrices profondes,

Et gronderont longtemps encore.

 

Il disait "Je défriche"

Je répondais "tu triches,

Moi, quand je m'emmerde, c'est sans

C'est sans échappatoire

Sans rien, sans accessoire,

Moi, je m'emmerde à cent pour cent!"

Alors, dans un sourire,

Il m'assénait le pire

Et le plus beau des compliments :

D'accord, tu es le maître,

Il faut le reconnaître,

Pour ce qui est d'l'emmerdement!"

 

Allô, viens, je m'emmerde,

Si t'as du temps à perdre ...

Non, je n'ai pas perdu mon temps,

Ces soirées casanières

Sont mes années lumières

Et seront mes neiges d'antan.

La nuit, dans le silence,

Le cafard me relance

Mais rien ne peut me décider,

Sans toi, c'est pas la fête

Tout juste si je m'embête,

J'n'ai plus le cœur à m'emmerder.

 

 

 

 

 

 

 

 

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roland FRANCOISE 02/04/2018 01:16

Le fils de Pierre Louki, que j'ai eu la chance de connaître, lui-même décédé il y a deux ou trois ans, s'appelait également Georges, peut-être en hommage à Brassens Il était musicien