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Publié par elsapopin

Je ne vivrai pas au delà de toi 
Car dans l'au-delà de toi
Il n'y rien
Qu'un stoïque froid d'attelage 
Brûlant tes atomes

Ovide aura beau vider ses héroïnes de leurs mots d'amour
Les boeufs sacrės du soleil, épuisés de semences, ne cesseront de sillonner la Terre
De la serpenter au point d'avaler leur queue
Au vide de mes impensėes, je rechercherai, comme eux, un abri sous un orage ouvert
Et comme eux, je ne trouverai qu'une caverne platonée des cieux
Sous mes yeux, sur les ruines d'un théâtre antique, se jouera encore et encore la saine colère des hommes
L'amour ire
J'en resortirai comme d'autres avant moi avec cette envie qui ne vient de ce monde
Cette immonde envie de vivre et d'offrir la mort à l'appétence du Cerbère.
Lorsque les boeufs chavireront la terre, il fera froid, un froid qui remisera ma peau de bête, ma toison.
Les doigts blancs de Gaia, aux ongles détourės du bleu des enfers, sortiront l'or fait main
Comme des doigts d'infirmières sur un uterus plein
Et ses doigts harperont le son de la mer ourlėe d'huile, salée, truffée de larmes de fond et d'abyssales racines.
A poumons déployés sur la face cachée du masque, je grimerai en ombre chinoise le temps passé à te déclamer
Gaia soulèvera les flots de la gravité 
Et bien avant l'avènement du vent
Des voix raccailleuses me parcoureront et me chanteront les légions d'un seul mythe
Originel à tous 
Celui du froid
Qui broie 
Tout ce qui me touche
Tout ce qui me vient
Tout ce qui me foule
Je serai lucide 
Je serai livide pour toujours

Ovide aura beau vider ses héroïnes de leurs mots d'amour, il n'existe qu'un amour et qu'une héroïne.
L'enfance 
Par ses oublies aussi salutaires que le sont ses legendes, elle fait de nous ce que nous sommes de plus grand et de plus extrême à en faire pâlir le divin

Et même si je sauvais à ta place Ulysse du naufrage, 
Sans toi, il succomberait à ses humaines blessures
sans toi aucune dramaturgie ne vaut la peine d'être contée.

J'ai vu ce qu'il y a au delà de toi
Je l'ai rêvé
Je ne vivrai pas dans cet au-delà car il n'y a pas la fin du monde 
Il y a des êtres qui errent loin de leur caverne à la recherche de ce que je sais déjà vain.

Il n'y a rien d'autre que l'amour ire,
des mues translucides vidées de leur enfance qu'elles ont sacrifiée.
Des miséricordieux
Des mises sur le corps des Dieux 
Des justes au corps sur le nu de nos princes et princesses.

Je préfèrerait là mourir
Loin du tien
Dans mon au-delà

L'Ardeur - Printemps des poètes 2018 - Je ne vivrai pas au delà de toi - Julie Ladret -
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