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Publié par C MONTET


 

 

Une poule toute petite arriva à la ferme d'un riche paysan. Cette poulette ne voulait rien faire comme les autres : ni se promener dans la basse-cour, ni être l'amie du gros Coq, ni même pondre des œufs.

On la laissa tranquille un temps pensant qu'elle finirait bien par s'adapter à la vie à la ferme. Hélas,rien n'y fit,  elle ne s'adapta pas. Alors son maître décida que sa place serait sur la table comme repas.Sa petite fille le supplia :

- Père, père il y a assez de poules ici pour pondre et vous satisfaire. Laissez-la moi, je la domestiquerai. Mais ne la tuez pas, s'il vous plaît.

L'homme qui ne savait rien refuser à sa fille unique, accepta :

- Ma fille, une poule n'est pas un chien, ni un chat, mais je te la donne. Fais -en ce que tu en veux !

La fillette ravie construisit une petite cage dont la porte était toujours  ouverte et  apprit à la poulette le langage humain. Le volatile lui obéissait et la suivait partout en promenade, aux courses, jusqu'à l'école... ce qui amusaitbeaucoup son père.

Un jour on ramena un jeune coq à la ferme. Il était fort séduisant. Il remplacerait  bientôt le vieux coq. Toutes les poules étaient accourues autour de lui  et le courtisaient, mais le coquelet n'avait d'yeux que pour la poulette domestiquée qui ne dormait pas au poulailler mais dans la maison du maître.

La poulette, de son côté,  n'était pas indifférente au jeune coq et même en tomba amoureuse. Un soir, à la fraîche, elle ne rentra pas dans sa cage et rejoignit le coquelet dans la basse-cour . 

ce même soir,   Renard accompagné d' un compère  s'introduisirent dans le poulailler, et  s'emparèrent du couple de gallinacées. La poulette intelligente qui avait écouté les leçons que sa jeune maîtresse  apprenait, leçons de math, d'histoire, de choses, mais aussi poésies et  fables, se souvint de celle du " Renard et du corbeau " d'un certain Jean de la Fontaine. Elle se tourna ver le goupil  et lui parla en ces termes :

- Renard, à quoi bon voler un coq et une poule. J’ai bien mieux à vous offrir.

Le renard qui la tenait dans sa gueule, la laissa parler :

- En effet allons dans cette remise, là, en face, il y a des dizaines de saucisses , du poisson séché et du lard en assez grande quantité pour passer tranquillement l'hiver, vous votre ami et vos deux familles. Croyez-moi !

Renard lui répondit alors :

- Pas question d 'y aller, ma poulette ! Pour nous piéger, me crois tu si bête ?

Son compère approuva :  

- Mieux vaut un œuf dans la main qu'un bœuf dans le jardin !

Comme  ils venaient d'ouvrir  leur gueule pour dire ces quelques mots,  la poulette et son fiancé ne sentant plus  la mâchoire des goupils leur serrer  le  cou, en profitèrent  pour se libérer, et s'envoler tout en haut du toit de la remise où ils se mirent ensemble  à chanter à tue tête :

– Apprenez maître Goupil 
Que pour être poule

Je ne suis pas  imbécile

Et que les leçons que vous donnâtes

Au  pauvre corbeau jadis

Aujourd'hui font date

Et ne sont plus de mise .

Le coquelet enchaîna, moqueur :

-Apprenez mes beaux seigneurs

Que tout voleur vit au dépend de celui qu'il détrousse

Cette leçon vaut bien son pesant d'or, sans doute ?

Maître Renard,  honteux et confus, s'en retourna dans le soir, bredouille et bien déçu !

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