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Publié par Carmen Montet

Tout le monde connaît la légende de Saint -Nicolas que l'on fête le 6 décembre, surtout en Lorraine et en Alsace. Elle raconte  l’histoire de trois petits enfants venus demander refuge à un boucher , celui-ci les tua, les coupa en morceaux et les mit au saloir. Quelques années plus tard Saint-Nicolas s'arrête chez le boucher et demande du petit salé, le boucher affolé s'enfuit et Saint Nicolas découvre les enfants morts dans le saloir et les ramène à la vie. Mais connaissez-vous l'histoire du petit chien de Saint Nicolas ?


C'était il y a bien longtemps dans le Nord de la France, dans un village de mineurs. Pour fêter Saint-Nicolas les écoliers avaient décoré quelques petits sapins. Trois petits enfants d'une même famille s'étaient préparés pour aller à l’école. Leur maman était malade et couchée. Il faisait froid dans la maison car le poêle était éteint par manque de charbon. Chemin faisant, le plus grand proposa à ses petits frères de ne pas aller en classe et d'aller chercher du charbon pour le ramener à la maison et chauffer la chambre de leur mère malade. Leur père, qui, comme tous les jours, était parti à la mine et ne reviendrait qu'à la nuit tombée n'en saurait rien..

Les enfants étaient presque arrivés au crassier lorsqu'il croisèrent un vieux monsieur, très grand, habillé d'une grande cape rouge fort élégante ornée de fourrure blanche, coiffé d'un haut chapeau où brillait une étoile. Il était accompagné d'un petit chien :

- Bonjour les enfants ! Dit le vieux Monsieur. Où allez-vous de si bon matin ?

- Nous allons chercher du charbon et du bois pour notre maman. Il n'y a plus de feu à la maison, et elle est malade ! Expliqua le plus grand.

Le petit chien s'approcha de lui et lui lécha les mains. Il fit de même avec les deux autres bambins.

- Il est gentil ! C'est votre chien ? Comment s'appelle-t -il ? Demanda le plus  jeune des trois  garçons.

- C'est Sauveur ! Eh oui, il est très gentil ! sourit le vieil homme en caressant le petit chien.

- Monsieur, dit le plus grand. Nous ne devons pas nous attarder, car nous devons rapporter rapidement du charbon chez nous  !

- Je comprends ! Alors au revoir et faites bien attention à vous, les enfants ! Allez, Sauveur, en avant !

Mais le petit chien ne voulait pas suivre son maître et s'était caché derrière les trois petits.

- Ça alors ? Tu veux rester avec les enfants ? Questionna le vieillard.

Et le petit chien aboya joyeusement.

- C'est d'accord, tu peux rester avec eux ! On se retrouvera plus tard, allez va !

- Oh merci ! s'écrièrent en chœur les marmots. 

Les enfants repartirent avec Sauveur en direction du crassier. Une fois arrivés,  les petits s'affairèrent à ramasser tout le charbon qu'il pouvait, quand arrivèrent deux personnages inquiétants, armés de bâtons  :

- Eh bien les mioches, on ne va pas à l'école ? On traîne par ici, c'est  notre territoire ! Tout le crassier est à nous! Personne ne peut rien y prendre sans notre permission ! lança sur un ton menaçant le plus grand des deux.

L’aîné des petits s'excusa et expliqua le pourquoi de leur présence.

Mais hargneux l' homme ne voulait rien savoir :

- Il faut payer pour prendre du charbon ! Vous avez de quoi payer ?

- Non ! dirent les petits. Nous sommes pauvres. Nous n'avons rien !
- Alors si vous prenez mon charbon sans payer vous devez travailler pour moi une semaine !

Et il prit par le bras deux garçonnets alors que son compère s'emparait du troisième. C'est alors que le petit chien  se mit à mordre les chevilles des bandits. L'un d'eux lui envoya un grand coup de pied qui le projeta sur une pierre. Le chiot ne bougeait plus. Les enfants pleuraient.

- Vous avez tué notre chien ! Vous êtes des méchants !

Les voyous leur répondirent en riant :

- Nous ferons la même chose avec vous,  si vous ne nous suivez pas gentiment sans opposer de  résistance  !

Et ils emmenèrent les enfants terrifiés jusqu'à une ferme abandonnée où travaillaient  cinq autres petits à confectionner des paniers en osier et des chaises en paille.

- Voilà ! Vous allez travailler avec eux huit jours et  après nous verrons. Il faut rembourser notre  charbon ! Et ils enfermèrent  les trois frères  dans la  pièce.

Pendant ce temps le petit chiot qui avait été assommé, se réveilla et, reniflant le sol, retrouva sans difficulté les kidnappeurs. Il se cacha et vit par une fenêtre les trois enfants entourés de cinq autres, tissant l'osier tristement et pleurant. La porte était fermée à clé. Mais Sauveur réussit à grimper  sur le rebord de la fenêtre, et frappa doucement avec sa petite patte à la vitre.

- Regardez, c'est Sauveur ! S'écria le grand frère ! Il n'est pas mort !

Alors  les enfants furent heureux. Ils voulurent le faire entrer mais le chiot avait une bien meilleure idée. Il partit vite car les malfrats l'avaient vu et  revenaient en courant ... Sauveur courut, courut jusqu'à la maison des enfants pour chercher de l'aide. Hélas, la maman malade ne pouvait se lever et les voisins ne comprenaient pas ce que voulait le petit chien et pourquoi il aboyait ainsi...Alors Sauveur alla voir les gendarmes, mais encore une fois, les hommes ne comprirent rien à ses aboiements.

Déjà le soir tombait et la nuit allait venir. Dans le village on se préparait à célébrer la Saint-Nicolas. Quand le père revint de la mine, il chercha ses enfants, en vain. Personne ne les avait vus de la journée. Ce petit chien bien excité qui aboyait en le tirant par le bas de son  pantalon semblait vouloir lui dire quelque chose. Au bout d'un moment, le père comprit que Sauveur voulait qu'on le suive . Le père fit appel  à ses amis mineurs pour rechercher les petits. Les volontaires aidés des gendarmes prévenus, munis de lampes, suivirent l'homme qui, lui, suivait Sauveur qui  les conduisit jusqu'à la ferme abandonnée.

- Ouvrez au nom de la loi ! Crièrent les gendarmes !

Les bandits s'enfuirent aussitôt, par la porte de derrière alors que  les enfants hurlaient :

- Nous sommes là ! Nous sommes là !

On enfonça la porte et on découvrit les huit enfants tremblants mais vivants.

- Merci à vous ! Dit le plus grand des petits captifs, en se jetant dans les bras des mineurs.

- Vous devriez plutôt dire  merci au petit chien ! C'est  lui qui nous a conduits ici ! D'ailleurs où est- il ?

Sauveur qui s'était lancé à la poursuite des fuyards les avait rattrapés en leur mordant les jambes, les avait fait tomber. Les malfrats allait frapper violemment le petit chiot quand  apparut le vieux maître de Sauveur :

- C'est Saint-Nicolas ! S'écria  effrayé un des hommes

- Oui, c'est  bien moi ! Et vous allez payer pour vos méchancetés ! répondit en colère le vieux Saint.

Là dessus, Saint Nicolas les ficela  à des arbres comme des saucissons sans qu'ils aient eu le temps de  réagir. Puis dans un brouillard de petites étoiles lui et son petit chien disparurent.

Quelques secondes après, arrivèrent le père, les mineurs et les gendarmes. Ils trouvèrent les deux bandits ligotés.

- Eh bien, quelle belle prise ! Dirent les gendarmes. Mais qui vous a ainsi attachés ?

- Saint-Nicolas et son vilain chien ! grognèrent en chœur les deux voyous. Les hommes et les gendarmes se mirent à rire !

- Et où sont-ils, ce chien et ce Saint Nicolas ?

- Envolés ! Dirent les voyous, disparus dans un brouillard d'étoiles !

Le groupe continuait à rire :

-Peu importe qui vous a arrêtés ! Vous allez payer pour votre méchanceté toute votre vie ! Cria le gendarme. Vous, les petits, vous allez retrouver vos familles si inquiètes.

Les trois petits rejoignirent la maison avec leur père qui les serrait fort contre lui. Un bon feu brûlait dans le poêle. Qui l'avait allumé ? La mère allait beaucoup mieux :  un vieux monsieur l'avait bien soignée dans l'après-midi  et avait déposé  pour la famille un grand panier rempli de bonnes choses : pain, fromage, poularde, patates et pain d'épice .

Quel était ce mystère ?  Ils n'y comprenaient rien. Lorsque tous furent attablés pour manger le  bon repas tombé du ciel, les enfants aperçurent le petit chien Sauveur sur le rebord de la fenêtre. Il léchait la vitre. Près de lui, Saint-Nicolas leur fit un signe de la main avant de disparaître dans un brouillard d'étoiles...  

 

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