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Etranger, ne viens pas. Reste sous les bombes.

Reste avec la faim et la peur au ventre. Reste au milieu des cadavres et des décombres.

ce sont les tiens,  pas les nôtres.

Ne fuis pas ta mort, étranger, ni celle de tes enfants,

gémissants, succombant.

Assassinés. Reste où tu es, prisonnier, écrasé sous les murs : c'est pas notre faute,

Alors on s'en fout. reste là où tu as eu le malheur de naître,

Là où tu avais cru pouvoir vivre ta vie,

Là où tu avais cru pouvoir être,

Seulement être. Où, qui sait ? tu avais peut-être même espéré être

heureux.

Pour toi point de bonheur, ni dans ton pays, ni ailleurs.

Pour toi pas de lieu sûr, pas de chez toi. pour toi tout est obscur.

Et si tu pars quand même, si tu réussis à fuir entre barbelés et fusils,

Si tu réussis à être dépouillé de ton pauvre argent par les passeurs assassins,

Si tu survis à la mer sinistre, aux tempêtes, aux menaces,

si tu survis sans vivres, sans eau, sans secours, sans rien,

Si tu ne tombes pas de fatigue, de froid et de chagrin à travers les 

montagnes,

dans la poussière des chemins,

Si tu arrives quand même et malgré tout jusqu'à nos frontières,

Ne te réjouis pas, surtout.

Car chez nous, si on t'attend, c'est avec des barrières,

Béton et barbelés : contre toi on a des murs

et de la méfiance, de la haine et des armes.

Ici on ne te veux pas, on a peur  de toi.

On a peur de ta souffrance, de ta sueur et de tes larmes.

Reste chez toi, étranger, ne viens pas. Etranger, meurs là-bas.

 

Poésie en Stéphanie - Sarah Pierre-Louis - Etranger ne vient pas
Tag(s) : #Poésies

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