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Publié par Le Cla

Dieu ! Que j'aime les yeux habités de silence,

Ouverts sur le ruban rouge de l'infini,

Avec pour horizon les odeurs de l'enfance,

Celles de la glycine, celle du pain bénit...

Le soir, agenouillé sur le tremblé du jour,

Le clin d'œil du soleil, au paysan meurtri,

Qui, las de son labeur et traversant la cour,

S'en va rêver sa nuit, au fond de son gourbi.

J'aime les gestes gourds au repos d'innocence,

Les corps abandonnés sur un tapis de paille,

Le cri lourd des portes, affligé d'insolence,

Toisant toute la ferme, mais que l'ombre entrebâille.

O ! j'aime les hommes aux mains de survivance,

Et leurs vieilles carcasses aux couleurs de la terre,

Tous leurs regards ourlés d'une libre insouciance

Qu'ils usent tant qu'ils peuvent les jours sans chimère ;

Suant à pleine peau, hommes, bêtes, ensemble,

Leur dure destinée, au faîte des étoiles.

Harassés, oubliés, la solitude tremble

Sur un pan de leur cœur, fine comme des voiles.

Dieu ! que j'aime les yeux creusés par la souffrance

Et l'amour que j'y lis, chaque fois que je pleure,

Mes chers parents vaincus par des saisons d'errance,

 Creuser le sillon pour mourir avant l'heure.

 

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