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Ce matin, le ciel déverse des mots dans ses flots. Mais les hommes silencieux ne les entendent pas. Ils ont appris à s’en protéger dans un mutisme qui n'effraie que moi. Brandissant cette grande toile tendue dans sa direction, les vers viennent s’écraser et disparaissent aussitôt dans un maigre écho silencieux. Ils ne font pas le poids, ils ne sont que des mots qui tentent d'interférer avec la réalité.
 En quoi des mots pourraient-ils bien intéresser les hommes pressés ?
 Quand il pleut le matin, j’accours dehors avec le moins de vêtements possible. On me dit souvent « tu es fou, tu vas finir par tomber malade ! » Mais le mal est déjà fait, je suis un alcoolique des vers qui embrasse le moindre mot qui s’écoule du ciel. Je ne peux me risquer à ce qu’ils terminent mort-nés sur le sol ou contre un parapluie.
 La poésie ne parle pas, la poésie ne voit pas, la poésie n'entend pas. Et pourtant, elle est bien là, elle vous effleure.
 Je veux oublier la pensée de ces paravers, qui chaque jour s'érigent contre la beauté des mots. Mais vous ne vous mouillerez jamais pour côtoyer le beau, vous dont la vision est déjà étriquée par la toile envahissante de votre parapluie.
 Ces javelots d'eau, ces flots de mots, je veux les honorer dans leur entièreté, je veux qu’ils forment les plus beaux poèmes lorsqu’ils déploient leur grâce sur chaque paroi de mon corps nu. 
 Je veux m’abreuver encore de savoir et je n’ai pas peur de mourir noyé pour ça.
 Je veux honorer chaque descente du ciel comme si les derniers vers de l’existence s’abattaient sur moi.

 Fête du livre Saint-Etienne 2017 - Aurélien di Sanzo - Se taire dans le silence - PARAVERS
Tag(s) : #Poésies

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