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Versez, ne cherchons plus les effets ni les causes !
Les gueules du couchant dans nos cœurs terrassés
Vomissent de l’absinthe entre leurs lèvres roses.

Oh ! les doux opiums, l’abrutissante extase !
Bitter, grenat brûlé, vermouth, claire topaze.
Absinthe, lait troublé d’émeraude. Versez !

Il faut bien oublier les désirs anxieux,
Les espoirs avortés, et dormir dans son antre
Comme une bête, ou boire à plus soif comme un chantre,
Sans penser. Soûlons-nous, buveurs silencieux !

Fourbu d’avoir plané dans le vide des deux,
Sans trouver de raison à rien, lorsque l’on rentre
De se creuser le front, de se fouiller le ventre,
Pourtant, quand on est las de se crever les yeux,

 

 

 La chanson des gueux, 1881

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