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Le violoniste de la pluie

Il pleuvait sans cesse cette nuit d'été

Dans cette auberge de l'amitié

Dans les montagnes du Pilat

Réunis autour du feu de bois

Nous fêtions nos examens

Nos espoirs nos lendemains

Qui seraient couleur de fruits

De fleurs et de perles de vie.

Un groupe de musiciens arriva alors

Demandant refuge face au déluge de dehors.

 

Filles et garçons guitares et violons

Nous les accueillîmes et leur offrîmes

Le gîte et le couvert, pour oublier leur calvaire.

Ce jeune violoniste, à la mine un peu triste

Tu le trouvas si beau, ce voyageur si différent

Sous son chapeau aux rebords un peu grands.

Tu lui parlas de toi ton enfance,

De tes rêves et tes tourments,

De ce qui pour toi était important

De ta famille, tes espérances..

Il t'ouvrit comme ça son cœur

Avec ce sourire de bonheur

Qui fait qu'un homme est amoureux

Qui fait que tout devient sérieux.

Vous vous êtes vus souvent

Vous ne vous êtes pas quittés vraiment :

Tu le retrouvais de temps en temps.....

L'hiver est passé et le printemps

La distance et le silence ont fait place

A la joie des retrouvailles , à la grâce.

L'été est arrivé sans le revoir :

Une histoire inachevée ,un espoir

Bafoué, effacé par la bannière des heures,

Par le rideau lourd des chimères, des douleurs.

Alors tu l'as cherché partout et nulle part :

Dans la musique, les pubs, les gares

Les salles, les bals, les festivals

Les théâtres, les plages, les rues ;

Mais Vincent avait disparu !

Il t'a fallu du temps

Presque trois hivers et trois printemps

Pour admettre le présent.

Tu as poursuivi alors ta vie

Avec un homme si différent de lui

Dans une union sincère et comblée

Dans un mariage heureux et désiré.

Mais il t'arrive parfois le soir

D'entendre du fond de ta mémoire

Son violon qui pleurait de joie

Cet air qu'il jouait pour toi.

Il t'arrive dans le silence de la nuit

De revivre cette présence ,cet oubli

De rêver à cet artiste et poète

Qui a su te faire redresser la tête.

Et comme chaque matin

Tes pensées refoulées jusqu'à demain

Iront faire place au quotidien.

Mais cette nuit lorsque reviendra la pause du silence

Par la puissance de ton esprit et dans l'absence,

Tu retrouveras, le violoniste de ton cœur

Tu revivras ces quelques jours de bonheur

Qui ont su combler toute une vie

Qui t'ont fait toucher à l'infini .

 

A Rose

Jolie petite fleur, jolie petite sœur,

Tout te destinait au bonheur !

C'était encore l'été et la rentrée approchait.

C'est là, au lycée, que tu l'as retrouvé

Ce jeune voisin avec qui tu avais joué

Dans les cours d'école maternelle,

Ce petit garçon si blond si rebelle !

Il t'a courtisée et il ne t'a plus lâchée !

Petite Rose aux joues écloses

Tu avais autant de prétendants

Qu'une princesse au bois dormant !

Après une année de faculté

Tu es partie à l'étranger

Pour l'Angleterre

Tu étudiais les langues étrangères

Dans les Cornouailles à Plymouth

Assistante dans une public school.

Là, tu as rencontré un jeune professeur

Séduisant, plaisant : Baltimor

Avec lui tu as visité Burkingam Palace

Londres, la Tamise, St Paul Hyde park.

Il t'a fait découvrir la campagne anglaise

Ses traditions, les maisons sur la falaise ...

L'année passa vite et l'été revint

Avec ton départ dans ce train,

Ce jeune Anglais qui te tendait la main,

Tu n'as pas su répondre à son chagrin.

Troublée, tu as quitté l'Angleterre 

On t'attendait de l'autre côté de la mer.

Tu as épousé Roland

Cela n'a duré qu'un temps

Cet homme que tu croyais connaître

A tout quitté sur un coup de tête, 

Son travail, et ses doutes

Pour reprendre la route.

Cette route qu'il avait suivie

Pendant des années de sa vie !

Mais cette aventure, cette rupture

N'avait aucune issue, aucun sens

Tu le connaissais depuis l'enfance.

Il revivait sa crise d'adolescence !

Cet homme ne pouvait t'abandonner

Il ne pourrait tirer un trait sur le passé.

Il reviendrait, tu en étais persuadée.

Mais filèrent les mois et une année,

Roland ne revint pas ! Il fallait l'oublier.

Tu écrivis alors à Baltimor,

Etait -il toujours professeur ?

Avait -il une locataire pour son cœur ?

Tu demandais de simples nouvelles

Sans parler de ta solitude cruelle.

Tu n'attendis pas longtemps sa lettre

Il te répondit le cœur en fête

Qu'il venait d'avoir une fille

Avec sa jeune épouse, Camille

Il l' avait appelée Rose

En souvenir de toutes les choses

Que vous aviez partagées

Pendant toute une année.

Tu lui répondis poliment

Tu étais heureuse pour l'enfant

Tu lui souhaitais tout le bonheur

En ne parlant pas de ta douleur.

Il t'a écrit longtemps

Mais tu n'as pas eu le cran

De lui raconter la vérité

Car la honte t'en empêchait.

Baltimor n'était plus qu'un souvenir

Il fallait le laisser partir,

C'est ailleurs que le bonheur

Se trouverait et que tu pourrais

Tout oublier pour te reconstruire !

 

Tag(s) : #Poésies

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