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LE VAGABOND

 

Il avait choisi la route comme chemin

Pour dissiper les doutes de demain.

Pour vivre libre et sans lien,

Pour décider de son destin.

Ingénieur brillant et instruit

Il fuyait ainsi la vie.

Il t'a rencontrée un soir d'été

Dans les auberges de l'amitié.

Ses cheveux longs tombaient en boucles brunes

Sur cet ample capuchon de fortune

Il t'a regardée de ses yeux azurs :

Tu n'avais jamais croisé de regard si pur !

Alors plus rien ne compta pour toi :

Ni le groupe ni les amis, si loin déjà !

Comme fascinée ,hypnotisée

Tu avais tout gommé de ton passé !

Vous êtes restés toute la nuit ensemble

Vous barricadant dans une chambre.

Tu n'as émergée qu'au petit matin

Transformée, vous tenant par la main .

Il est resté quelques jours

Pour te combler d'amour,

Puis il est parti à l'aurore naissante,

Te laissant dans tes rêves d'adolescente.

Il t'a écrit ceci :

"Agnès, ma faiblesse ,

Adieu et pour toujours

C'est beaucoup mieux ainsi

Tu trouveras l'amour !

Grandis , poursuis ta vie !

Ne me regrette pas

Ne n'attends pas

Je ne suis qu'un vagabond

Qui marche vers l'horizon

Tu as été une colombe dans mon ciel

Une source blonde, la fleur la plus belle".

Tu as eu quelques nouvelles

Il découvrait le monde

Il naviguait sur l'onde

D'Asie en Colombie aux Seychelles,

Toujours en fuite de lui-même

Dans un vide intérieur extrême

Convaincu que son bonheur

N'était nulle part , ailleurs.

 

Nuit de folie

A Mireille,

Tu étais en vacances, en Provence

Aux Saintes Maries, par cette belle nuit

Juillet s'était installé

Et avec lui, le plein été .

Ton mari t'accompagnait :

Cet homme bon ,simple, gai.

Qui te prêtait mille attentions,

Sincère, loyal ,compagnon !

C'est un soir de grande fête

Quand les guitares montèrent à la tête

De tous ces touristes réunis

Frappant des mains

Poussant des cris,

Que tout a basculé dans ta vie.

Il chantait comme un dieu ce gitan

Sa guitare sous ses doigts pleurait

Les notes qui en sortaient

Ensorcelaient petits et grands.

Alors son regard de cendre

S'est posé sur toi

Son chant s'est fait plus tendre

Ainsi que sa voix.

Il a enjambé la balustrade

Et s'est approché de votre table.

Il a posé sa guitare et dans un regard noir

Il t'a prise par le bras

Et a dansé pour toi.

Tu étais devenue sa muse brune

Par cette nuit de clair de lune !

Puis il t'a laissé là sur la piste

Poursuivant son numéro d'artiste.

Tu étais tellement troublée

Tu ne savais plus où tu étais

Ton mari t'a ramenée plus tard

C'était dans ta tête, le brouillard

Dans ton coeur et dans ton âme,

Tu étais une autre femme.

Ce vertige, cette rencontre éphèmère

A eu raison de ton union

Tu étais devenue une étrangère

Dans ta propre maison.

Quand tu revis, Tony le gitan,

Qui t'attendais le coeur battant,

Tu oublias tout pour le suivre,

Tu laissas tout pour vous enfuir.

Mais le charme est vite retombé

C'était déjà la fin de l'été

Et l'automne se profilait.

Tu as compris que ce coup de folie

Venait de briser ta vie :

Tout était devenu clair

Aux portes de l'hiver.

Ce que ce jeune gitan t'offrait

N'était pas ce que tu désirais.

Alors tu l'as quitté

Il ne t'a pas retenu

Lui le fils du vent, de la rue,

Savait votre histoire terminée.

Tu t'es retrouvée seule à Paris,

N'osant retourner au logis.

Tu as vagabonder des mois et des mois

De chambres d'hôtel, aux foyers pour célibats.

Honteuse de ton aventure

Honteuse des blessures

Que tu avais infligées

Au seul homme qui t'avais aimé .

Honteuse de tes folles erreurs

Honteuse d'avoir souillé votre bonheur.

Tu n'as osé aller le retrouver

Peut-être t'aurait-il pardonnée ?

 

Tag(s) : #Poésies

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