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Publié par serge granjon

Il se serait pas dit que celui que l'on portait en terre, au matin glacial du 10 janvier 1885, à défaut d'être exaucé mourant, le serait un peu guère après son trépas :

" Je veux revoir les riants horizons,

Je veux du monde entendre le murmure

Et du soleil sentit les chauds rayons."

Le convoi longeait le chemin qui sinuait de Farnay  sur Rive-de-Gier. Il surplombait la vallée d'Egarande, où s'enroulaient des vapeurs en volutes, quand à l'entour coteaux et monticules se tenaient figés à frimas. Tout comme une haie d'honneur en habits à paillettes...

Derrière le corbillard, un long marmonnement s'élevait du convoi. Et peu avant midi, au cimetière de Rive-de-Gier, le soleil perça le brouillard.

Résultat d’images pour cesar bertholonIl ne réchauffait guère que d'un pâle sourire le cœur du bon millier de compagnons républicains venus de Saint-Etienne, Saint-Chamond ou Grand-croix...Arrivés à Rive-de-Gier, en tramway ou en train, ils avaient, dans la matinée, gravi les pentes menant à Rochabert, à deux pas de Farnay. S'y dressait l'unique maison, à côté d'une ferme isolée des champs.

 C'était là qu'avec sa fille et ses petits-enfants aimait se retrouver le " vieux vétéran ", ainsi que l'appelait " Le Petit Lyonnais ". Il s'y retranchait du monde pour y ménager ses forces déclinantes. mais la mort avait su le trouver, alors que l'avant-veille, il avait présidé à Saint-tienne la réunion des délégués sénatoriaux.

Jamais autant de gens, pour la plupart inconnus et sans grades, n'étaient entrés dans le petit salon. Tous estimaient l'inlassable lutteur républicain, bien assez pour inscrire à tour de rôle leur nom  sur un grand registre. Le tout sous les auspices d'un portrait tissé de Gambetta, au-dessus de la cheminée : à la place d'honneur due au chef du parti républicain.

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