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Publié par s. Granjon

Il venait tout juste d'avoir vingt ans...cette année-là, l'illustre Béranger, pour avoir mis la liberté en chansons, fut à nouveau condamné à la prison, par ses couplets séditieux.  Le chansonnier craignait que la geôle finisse par l'amollir, lui qui jusqu'alors rompu au pain sec dans un grenier sans feu. La peine fut assortie d'une amende, vite payée par souscription publique.

Résultat d’images pour cesar bertholonOr César Bertholon venait d'avoir  vingt ans... Il rendit à sa façon hommage à Béranger, à travers un poème, " Le soleil et la liberté ".Il partit l'année suivante à Paris, rencontrer Lafayette. Délégué du groupe maçonnique du Rhône, il l'allait le complimenter pour s'être opposé au ministère Polignac, en donnant sa démission d'ambassadeur à Rome. Afin de vaincre le despotisme Lafayette conseillait la lutte armée.

Ce furent les trois glorieuses de juillet 1830. César Bertholon y prit les armes ; puis rendit gloire " au Français morts pour la liberté " :

Et toi peuple, dépose un laurier et tes larmes

Sur la tombe de ceux dont la mort t'affranchit ".

 

Mais bientôt vint le temps de la désillusion. Il reprit le flambeau de l'insurrection, pour  inscrire son nom au rang des fondateurs de la Société des Droits de l'Homme qui inspira, en 1834, la révolte des canuts lyonnais. Il s'enrôla sous leur bannière : " Vivre en travaillant ou mourir en combattant ". En vain il les engagea à proclamer la République. Cité comme témoin au procès des insurgés, il déclara à la Chambre des Pairs : " Je n'ai rien à dire. Si mes amis sont coupables, j'étais avec eux, et avec eux je devrais être sur le banc des accusés ".

Au lieu de renoncer, de plus belle il se mit à rêver d'égalité :

" D'un jour nouveau que votre âme s'éclaire,

A l'artisan, riches, tendez la main,

Et que, bientôt, un plus juste salaire

De sa famille allège le destin".

Il aurait pu dire alors, à l'égal de Béranger : " le peuple c'est ma muse ".

De sa profession de foi il ferait une chanson :

" La soif de l'or ne trouble point mon âme,

De mon destin, je suis peu soucieux :

Pour mon pays un saint amour m'enflamme,

Et pour lui seul je suis ambitieux..."

 

Fait est qu'il consacra partie de sa fortune à " La Glaneuse " et au " Censeur " deux journaux qu'il dirigeait à Lyon. Dans son testament, il pourrait risquer une joie prophétique adressée aux députés : " Dites à mes collègues que je meurs heureux de savoir que mon pays va jouir de l'impérissable République ! ".

Une cause épousée, sa vie durant, lui offrait,  pour finir, le bonheur d'exulter.

 

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