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Avant de monter en voiture, j'avais composé le tableau de mer que j'allais chercher, que j'espérais voir avec " le soleil rayonnant ", et qu'à Balbec je n'apercevais que trop morcelé entre tant d'enclaves vulgaires  et que mon rêve n'admettait pas, de baigneurs, de cabines, de yachts de plaisance.

Mais quand, la voiture de Madame de Villeparisis étant parvenue en haut d'un côte, j'apercevais la mer entre les feuillages des arbres, alors sans doute de si loin disparaissaient ces détails contemporains qui l'avaient mise comme en dehors de la nature et de l'histoire, et je ne pouvais  en regardant les flots m'efforcer de penser que c'étaient les mêmes que Lecomte de Lisle nous peint dans l'Orestie quand " tel qu'un vol d'oiseaux carnassiers dans l'aurore ",  les guerriers chevelus de l'héroïque Hellas  " de cent mille avirons battaient le flot sonore ".

 Mais en revanche, je n'étais plus assez près de la mer qui ne me semblait pas vivante, mais figée, je ne me sentais plus de puissance sous ses couleurs étendues comme celles d'une peinture entre les feuilles où elle apparaissait aussi inconsistante que le ciel, et seulement plus foncée que lui.

Tag(s) : #poetes incomparables

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