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Il est des lieux où souffle...l'épopée. Attaqué dans son fief par les troupes de Polignais, un général en herbe...inspiré par sa colline décida d'en finir avec le chef adverse. Où irait le succès des armes ?

Le théâtre de la guerre en culottes courtes s'étendait désormais sur de vastes espaces. Des riverains aux simples passants , bien des citoyens appelaient de leurs vœux un grand nettoyage.  Certains, en mars 1872, après les deux terribles batailles du Marais, prônaient l'usage des pompes ou, mieux, de machines d'avant-garde : les mitrailleuses à eaux.

Vérité en deçà du Furan, erreur au-delà... c'est oublier les abris servant de casemates, des Hauts de Beaubrun à la colline de Sainte-Barbe. Des terrains vagues s'y succédaient en douceur, dans un chaos de murs et de fossés, de talus et de haies, autant de remparts contre un ratissage des agents de police, qui d'ailleurs ne s'y hasardaient pas.

" BRAS D'ACIER " CONTRE " RUDE ZING " 

Dans Polignais s'imposait en ce temps CARAMANTRANT dit " bras d'acier " selon les intimes. A Sainte-Barbe, Maclou dit " LE RUDE ZING " gouvernait sans partage. Un certain dimanche de printemps, peu d'année après la guerre contre la Prusse, Catamantrant éprouva des poussées d'acné mêlées de couperose, signe évident que le sang lui montait à la tête. Il rameuta le ban ainsi que l'arrière-ban, afin d'écrabouiller les hommes de Maclou. Celui-ci, prévenu par ses espions, organisa la défense et jura " Bras d'acier " assommé, de s'attribuer à jamais ses dépouilles.

Il répartit ses guerriers à mi-coteau, dans un endroit très découvert, devant des maisons de passementiers. Caramantrant, caracolant par là, en eut l'étonnement bosselé d'une grêle de cailloux et, l'index vengeur, ordonna l'attaque. La première vague allait faire tournoyer les frondes. Mais l'effroi lui figea l'élan, malgré l'air goguenard de l'armée de Maclou, qui les bombardait de plus belle.

A ce morceau d'anthologie, digne de l'Ecole Militaire, " Bras d'acier "  opposa l'offensive à outrance. D'une voix qui valait le son du cor, il commanda l'assaut. Alors Maclou, ce jour-là très en verve,  courut à son arrière-garde, lui demanda de feindre un surprise : l'arrivée de la police. " La rousse, la rousse, les roussins ! s'écria t-elle en chœur.

Derrière eux, les hautes fenêtres s'étaient garnies de bras velus sous les manches retroussées., formant un tout avec les voix bourrues qui menaçaient de " leur tomber dessus "  au premier carreau brisé. Par un coup de génie, le " Rude-Zingue " s'était servi des passementiers comme une troupe de couverture.

Bras d'acier alors martela son front bas. C'est une colle, grogna-t-il. Ce que Pitachon traduisit, en lieutenant plus lettré : C'est z'une blague ! Recourons-leur dessus ! Devant tant de fermeté Maclou décrocha. Et, sagement, il replia son armée par des chemins secrets.

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Tag(s) : #le roman de l'Histoire Serge Granjon

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