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C’était un petit ramoneur

Qui ramonait de grand cœur…"
 

Comme tous les ramoneurs, il passait son temps sur les toits. De là-haut, il voyait toute la petite ville. Il en connaissait si bien toutes les cheminées, qu’il aurait pu descendre dans chacune d’elles les yeux fermés. C’était un ramoneur heureux. Heureux et fier de son travail.

On aimait bien le ramoneur. On faisait semblant de ne pas avoir peur quand on le rencontrait, tout noir avec son échelle de corde sur l’épaule et ses brosses accrochées dans son dos.

Le soir, quand il rentrait chez lui, il était un peu courbé, à force d’avoir frotté les cheminées. Sous son bonnet noir, sa figure aussi était devenue noire, à cause de la poussière du charbon et de la suie. Dans ce noir, ses yeux clairs riaient tout seuls, quand il croisait les enfants. Et les brosses, tout heureuses d’avoir bien travaillé, faisaient  « bz-bz » dans son dos.

Grâce au ramoneur, les soirs d’hiver, dans toutes les maisons, le feu dansait avec de belles flammes colorées qui faisaient rêver…

Le dimanche, c’était jour de repos. Ce jour-là, le ramoneur quittait ses vêtements noirs. Il mettait un beau pantalon, une veste neuve, des chaussures vernies et un grand chapeau… Or tous ces vêtements, les vêtements du dimanche… étaient blancs. 

Ils étaient si blancs que les enfants ne le reconnaissaient pas. Et quand ses yeux clairs riaient tout seuls au milieu de sa figure rose, personne ne savait qui était ce monsieur si distingué.

Un jour, un petit garçon avait dit aux autres :

- Vous savez, le beau monsieur blanc du dimanche, celui qui a un grand chapeau… il a des yeux qui rient tout seuls comme le ramoneur… C’est peut-être son frère… !

Mais les autres s’étaient moqués de lui en disant :

- Vous avez déjà vu deux frères, un tout noir et un tout blanc… ? !

 

C'est bientôt Noël !

Froid à La Chaux-de-Fonds, givre, vitre

Cet hiver-là, le froid était venu bien vite. Le matin, on voyait de jolis dessins sur les vitres, que le givre déposait pendant la nuit. Heureusement, toutes les cheminées avaient été ramonées, et les feux flambaient bien. Le père Noël pourrait descendre bientôt, sans salir sa belle barbe blanche.

Le soir de Noël, justement, le ramoneur faisait une dernière visite sur les toits. Il avait compté deux fois ses trois cent quarante-sept cheminées, pour s’assurer qu’il n’en avait pas oublié.

Il allait redescendre, quand il entendit quelque chose d’étrange. On aurait dit un chat qui pleurait…

Un chat… ?  Il regarda autour de lui…  Il faisait trop froid, avec cette lune qui avait l’air d’être gelée, toute seule là-haut. Les chats ne sont pas fous… A cette heure-là, ils ronronnent au coin du feu !

Il écouta mieux. Les pleurs venaient d’une cheminée toute petite. Si petite, si étroite, que le ramoneur n’avait jamais osé s’y aventurer, de peur d’y rester coincé… Mais on n’y faisait pas de feu, car la maison, toute petite elle aussi, était vide depuis longtemps.

Pourtant, les pleurs venaient bien de cette maison. Et c’étaient des pleurs d’enfant…

Le ramoneur hésita un peu. Puis il se décida. Aussi agile qu’un chat, il descendit le long d’un chéneau, et se retrouva bien vite dans la rue, juste devant la petite maison.

La maison était fermée, comme tous les jours. Mais, pour la première fois, on apercevait un filet de lumière à travers les volets. Il y avait donc quelqu’un !

Il devait faire bien froid dans cette maison sans feu…  Et il y avait un enfant qui pleurait, un soir de Noël ! Il fallait faire quelque chose…!

 

Une cheminée bien propre !

 

Le ramoneur, avec son échelle de corde, remonta bien vite sur le toit. Puis, tout doucement, en s’étirant le plus qu’il pouvait, il se glissa dans la petite cheminée, pour la ramoner… Il s’appliqua tant, le ramoneur, que  bientôt, la cheminée eut l’air d’être toute neuve. Même si elle était étroite, on pourrait y faire un bon feu !

Quand il fut au bas de la cheminée dans la maison, le ramoneur regarda autour de lui. Il vit deux petits enfants qui s’étaient endormis à force de pleurer et d’avoir froid…en attendant leurs parents. Il pensa au père Noël. Il resterait bien quelque chose dans sa hotte pour ces deux enfants !

Mais quand le ramoneur arriva de nouveau sur le toit, il était tard. Il eut juste le temps de voir disparaître le père Noël, qui avait vidé toute sa hotte dans les autres cheminées !

Le ramoneur était tout triste. En marchant dans la rue, il pensait aux deux petits enfants qui ne sauraient pas que c’était Noël…

Et voilà qu’en regardant les maisons qui avaient un air de fête, il vit une grande pancarte accrochée à un volet fermé. Sur la pancarte, il était écrit  

                                           

                                               MAISON A VENDRE

 

 
  

- Maison à vendre… Maison à vendre… ? répétait le ramoneur…

 

Un étrange père Noël

Tout à coup, le ramoneur se mit à rire, à rire tout seul dans la nuit… Il courut, avec son échelle et ses brosses qui faisaient « bz-bz » » en se frottant les unes contre les autres…

Dans sa hâte de grimper sur le toit de la petite maison, il avait perdu son bonnet noir, et ses cheveux étaient tout emmêlés par le vent. Mais les brosses chantaient toujours, « bz-bz » dans son dos, tellement elles étaient contentes elles aussi.

Vite, vite, le ramoneur qui connaissait par cœur toutes les cheminées, descendit dans la grande maison à vendre… La maison était vide, et les jouets que le père Noël avait versés avec sa hotte étaient là, tout seuls, éparpillés sur le sol…

Par les cheminées, le ramoneur fit plusieurs voyages entre la grande maison vide et la petite maison froide où dormaient les deux enfants… Personne ne vit ce qu’il transportait sur son épaule, à la place de ses brosses…. Cela dura longtemps dans la nuit… Si les enfants avaient pu le voir, ils auraient cru à un père Noël devenu tout noir, sans barbe et les cheveux au vent…

Au matin de Noël, le ramoneur habillé de blanc faisait rire ses yeux clairs devant la petite maison. Une jolie fumée bleue s’échappait de la cheminée. Et par la fenêtre, deux enfants regardaient tomber la neige, en serrant dans leurs bras les cadeaux du père Noël…

Tag(s) : #contes et légendes

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