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Publié par JP Clair

vélodrome La Cipale 1900 Le vélodrome municipal de Vincennes, connu sous l’appellation de La Cipale, se nomme aujourd’hui Jacques Anquetil, depuis la mort de ce grand champion. Il a accueilli l’arrivée du Tour de France de 1968 à 1974.

Celui du Parc des Princes a pris le nom du lieu où il avait été implanté. En 1841 Louis-Philippe fit construire une enceinte qui englobait Auteuil et Boulogne, derrière les fortifications. Dans ce lieu, les membres de la cour venaient se distraire et chasser, d’où cette appellation royale. A l’origine, lors de sa création sous la direction d’Henri Desgranges et de Victor Goddet, il ne comportait que la piste de 666 m 60. En 1931 un terrain engazonné lui fut adjoint pour la pratique du foot et du rugby. En avril 1932 une nouvelle piste de 454 m en ciment rose fut inaugurée. Le Général de Gaulle en 1967 décida de sa modernisation. En 1969 avec la nouvelle configuration la piste a disparu. C’est en 1967 que l’on a assisté à la dernière arrivée du Tour qui avait été remporté cette année-là par le Français Roger Pingeon.

Afficher l'image d'origine Revenons chez nous, notre anneau de bois souffrait d’un petit handicap. Au lieu des 250 m réglementaires, il n’en faisait que 248. Pour effectuer un km départ arrêté, on partait 8 m avant la ligne. Lorsqu’un champion s’attaque à un record, on place des boudins de sable à la corde pour garantir la distance de chaque tour. A Saint-Etienne on les écartait un peu plus de la corde pour retrouver les 250 m.

Remontons un peu dans le temps pour retrouver la période où notre Vél’D’hiv’ faisait le bonheur des Stéphanois. Les plus grands champions ont tourné sur cette piste dans une ambiance extraordinaire. Lorsque s’y déroulaient les « Omniums », c’était au moins dix mille personnes, on pourrait même dire des privilégiés, qui encourageaient les vedettes, puisqu’on refusait du monde. La plupart des spectateurs occupaient la pelouse, au centre, en contrebas. Pour suivre les compétitions, ils tournaient sur eux-mêmes, en effectuant le même nombre de tours que les coureurs. A l’origine cette partie centrale était au niveau de la piste. C’est à l’occasion des travaux consécutifs aux bombardements de 1944 que l’on décida d’abaisser la pelouse. En 1949 le vélodrome fut à nouveau ouvert au public.

Les réunions permettaient aux Stéphanois de voir les plus grands noms de l’époque. Ces professionnels couraient en alternance avec les meilleurs régionaux. Bien souvent les matchs « Français-Etrangers » étaient à l’affiche. Trois coureurs formaient chaque équipe, ils se confrontaient à travers diverses épreuves spécifiques à la piste. La course derrière motos remportait toujours un vif succès avec une variante aussi spectaculaire, le derny, autre engin spécial pour entraîner les pistards mais utilisé également dans la deuxième partie de Bordeaux-Paris.

KIF_3370--Small-.JPG Les six jours de Saint-Etienne ont connu leur première édition en 1928, il n’y eut pas d’épreuve de 1932 à 1935 et la guerre amena à nouveau une coupure de 1939 à 1948, avec la réouverture du vélodrome en 1949 une nouvelle période était lancée mais la dernière compétition porte le millésime 1953. J’ai entendu raconter que les belles années, pas les dernières en tout cas, chaque soir la journée finie, les Stéphanois venaient passer la soirée dans une chaude ambiance. Certains assez nombreux, amenaient le casse-croûte et la boisson. Il y avait de l’animation jusqu’à une heure du matin, sur la piste mais aussi à côté. En plus du traditionnel accordéon, des vedettes de la chanson venaient entonner leurs titres, succès du moment. Sur la piste les coureurs disputaient des sprints, le speaker annonçait les primes en espèces, offertes par des industriels et des commerçants de la région stéphanoise, pour se faire de la publicité. Les spectateurs tapaient des pieds dans les gradins en bois.

Afficher l'image d'origine Je n’ai pas connu ces soirées extraordinaires, dont j’ai seulement entendu parler sans pouvoir en vérifier l’authenticité, mais une nuit de septembre 1951, alors qu’il ne restait plus qu’un seul spectateur, Robert Chapatte avait quitté la piste pour aller le réveiller et lui demander un autographe en lui faisant signer un programme. Sous une autre plume l’anecdote attribue ce geste à Surbatis, mais l’un et l’autre en étaient parfaitement capables, d’ailleurs plus tard en 1953 ils faisaient équipe terminant à la troisième place.

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