Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

CHATEAU-CREUX : CUVEE 1884

Afficher l'image d'origine

L'année suivante, une étude du Stéphanois Jules Garnier, inventeur des locomotives compound, prévoyait une gare aérienne Place Marengo, raccordée par métropolitain au viaduc de Carnot. L'embarcadère de Château-creux, éloigné du centre, accumulait les défauts.

Elle s'était bien donné des airs de cathédrale. mais la gare générale avait beau festonner son faîtage de fonte moulurée, rehaussée d'une horloge un semblant de fronton, et dresser comme un campanile la rotonde des locos, elle n'en gardait pas moins une ossature en bois. Un matin d'avril de 1858, elle faillit s'en aller en fumée, à cause du compteur à gaz endommagé. Ce ne fut qu'une chaude alarme, pompiers et détachement d'infanterie s'étant aussitôt rendus sur les lieux...

Autrement plus inquiétant s'avérait en sous-sol un foisonnement de galeries. Le terrain étayé de piliers en maçonnerie, conservait malgré tout des signes de faiblesse. On misa sur le tassement du prodigieux remblai soutenant les constructions. Or il n'avait pas partout la même épaisseur et, dix ans après, la partie ouest de la gare s'affaissa de près d'un mètre, sous l'ébranlement causé par les trains. les mineurs entendaient nettement le ferraillement des roues sur les plaques tournantes. Bien qu'il n'y eut nul danger d'effondrement, il fallut relever toute la gare des voyageurs, le buffet excepté, par des transports de terre et de lourdes traverses en bois. Quant à la gare des machines, reposant déjà sur des crics, elle se remontait à volonté. Les usagers furent installés provisoirement dans les hangars attenants au buffet, qui reçurent les guichets et les salles d'attente.

Le temporairement lui-même devenant éphémère, on dut trouver une autre solution. A droite de ces bâtiments s'étendait un vaste terrain resté libre, mais que l'on consolidait aussi par des travaux souterrains. Là s'éleva la gare définitive. Elle s'ouvrit au public un mardi, le 28 octobre 1884, après d'ultimes décorations .

Annoncée de longue date, son inauguration finit par sembler trop longtemps reportée aux observateurs, qui le soumirent à une sévère critique. Trouvèrent tout de même grave à leur yeux la surface du nouvel embarcadère, beaucoup plus important que l'ancien, son confort et le buffet spacieux, toutefois sans excès , avec petits salons pour repas de famille. Le café venait s'y accoler, et sa traversée obligatoire pour les clients du buffet ne fut pas ressentie du meilleur goût.

Des boiseries de carton

Les salles d'attente furent jugées assez vastes mais sans grande originalité. Celle des guichets, perçue aussi avantageuse, donnait accès, par deux portes, sur la cour des voitures. En revanche on cria haro sur l'étroitesse du trottoir et sa marquise d'une largeur dérisoire. L'arrière-train du moindre omnibus buterait contre les portes et les " murailles" de l'édifice, qui n'avaient d'ailleurs pas besoin d'un bélier.

Selon des propos accusateurs, l'état du terrain avait servi de prétexte à la légèreté de la construction, qu'un simple coup d'épaule pouvait ébranler. Les boiseries n'avaient, disait-on, que l'épaisseur d'une feuille de carton. le plus rentable des gares de tout le PLM donnait à la compagnie des bénéfices réputés légendaires. Et cette économie fut estimée d'autant plus mesquine.

Tag(s) : #le roman de l'Histoire Serge Granjon

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :