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Publié par JP Clair

Il y a quelques semaines, tous les enfants retrouvaient le chemin de l’école. Il fut un temps assez lointain où j’étais à leur place.

J’habitais le quartier de Montaud, exactement rue Dufour. D’octobre 1946 à juin 1949, j’ai fréquenté trois années l’école maternelle de la rue des Tilleuls.

Elle a disparu depuis des décennies. Aujourd’hui si l’on passe dans le secteur, en voyant l’Union Fraternelle de Montaud, on ne peut même pas imaginer que sur un si petit emplacement se dressait un établissement pour bambins.

On entrait à l’intérieur de l’école par une pièce au rez-de-chaussée, contiguë à la classe des petits. Il fallait traverser cette salle des petits pour accéder à la cour minuscule bordée par la voie ferrée.

Les moyens et les grands étaient logés à l’étage. On y montait par un petit escalier fermé par une porte.

A l’heure de la sortie, compte tenu de l’exiguïté des lieux, chacun restait dans sa classe. Dès qu’un parent se présentait, une femme de service hurlait le nom de l’enfant dans un entonnoir, relié à un tuyau qui montait au-dessus. On doit bien reconnaître que depuis cette époque, les moyens de communication ont tout de même fait des progrès !

A propos du retour à la maison, nous étions cinq ou six, avec l’autorisation des parents, à pouvoir rentrer seuls. Les rues d’alors ne présentaient aucun danger.

 

        

(Année scolaire 1946-1947)

(Année scolaire 1946-1947)

   Pour la suite, voici les souvenirs de mon arrivée à la grande école. Il s’agissait de l’école de Vittone, implantée dans l’ancienne mairie de Montaud du temps où elle était encore une commune libre. Le maître chargé du cours préparatoire s’appelait Monsieur Petit. Malgré l’effectif de la classe, attesté par la photo, il avait réussi à apprendre à lire à tout le monde… et fort bien.

Il y a quelques années, en achetant mon quotidien dans un bureau de tabac, j’ai reconnu M. Petit et je lui ai dit que c’était grâce à lui que je pouvais lire mon journal. Je me suis présenté, et nous avons pu échanger quelques souvenirs nous ramenant un demi-siècle en arrière. Ce fut un agréable moment.

Il m’est arrivé de manger occasionnellement à la cantine. L’école Vittone n’en possédait pas, une dame de service nous accompagnait jusqu’à l’école Barra. Le trajet aller et retour représentait à peu près 3 km. Aujourd’hui, à cet emplacement, les Meilleurs Ouvriers de France ont installé leur conservatoire (rue Jean Itard). On nous servait à manger dans des assiettes cabossées en aluminium. Les gobelets de la même matière présentaient un aspect semblable. Je ne vous dirai même pas ce que nous mangions, les jeunes d’aujourd’hui ne voudraient pas me croire.

Dans chacune de nos classes il y avait des orphelins, victimes innocentes et indirectes de la guerre encore proche. L’Assistance Publique disposait d’un foyer sur le flanc de la colline de Montaud. On aperçoit encore le portail donnant accès au parc, en bas, côté gauche de la rue A. Sisley, qui se nommait alors rue d’Isly.

C’était en rang, avec une accompagnatrice, que ces enfants faisaient le chemin.

Ils étaient vêtus de bleu marine, avec une grande cape et un béret.

Pour nous tous la blouse grise était de rigueur et uniformisait les tenues. En dessous ce n’était pas le luxe pour autant. J’ai encore le souvenir de l’infirmière déclarant le jour de la visite médicale : « Ceux qui n’ont pas de slip, gardent leur pantalon ».

Un jour, alors que nous étions en récréation, un phénomène mystérieux fit sensation. Dans le ciel on apercevait de grands traits blancs. L’instituteur avait pris des jumelles pour essayer de percer cette énigme. Il s’agissait des premiers avions à réaction, dont tout le monde ignorait l’existence. Je ne l’ai compris que plus tard.

Parmi les bons souvenirs figurent les séances de cinéma. Un instituteur allait chercher un grand film à la cinémathèque, c’était merveilleux pour nous, la participation se montait à 20 francs anciens. Avec les bénéfices de la kermesse, cet argent finançait le voyage de fin d’année. Ainsi une fois nous avons pu aller… à Saint-Galmier.

Autre forme de cinéma, j’ai découvert Tintin et Milou au patronage. Il s’agissait d’images fixes en noir et blanc reprenant les vignettes du livre.

(Année scolaire 1949-1950)

(Année scolaire 1949-1950)

Octobre 1956 : C’était une nouvelle étape à franchir. Après l’école primaire je faisais un saut dans le secondaire. Ayant réussi le concours d’entrée en cinquième technique, j’intégrais l’E.N.P. Je ne parlerai pas plus longuement de cet établissement, j’ai développé le sujet abondamment dans la rubrique « Le sens de l’orientation ».

Si j’ai un souvenir du premier octobre 1956, c’est parce que ce jour-là le coureur belge Stan Ockers trouvait la mort sur la piste du vélodrome de Rocourt à Anvers. Deux mois auparavant, dans le Tour de France, alors qu’il était champion du monde en titre, avec le maillot vert du classement par points sur les épaules, il avait gagné l’étape à Saint-Etienne.

Sur la troisième photo, au bas de ce texte, je figure sur le rang du haut, le cinquième en partant de la gauche. Si quelqu’un se reconnaît qu’il n’hésite pas à se manifester.

 

Jean-Paul Clair - Mes souvenirs de Stéphanois - SOUVENIRS SCOLAIRES

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