Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par dix vins blog

Il m'a paru très intéressant de rechercher l'état des observations, suppositions, prophéties faites au sujet de ce que nous appelons aujourd'hui TSF, avant la découverte des ondes hertziennes.

Pour situer cet état d'esprit, n'était il pas bon de justement choisir, plutôt qu'une autre, l'année où dans Amiens vint au monde notre grand physicien Edouard Branly ?

En 1844, qui, par une étrange coïncidence, est aussi la date où la télégraphie électrique fut pratiquement adoptée en France, qu'espérait-on de plus extraordinaire vers la réalisation d'un aérien miracle, quels symptômes donc étaient...dans l'air ,

En substance on disait :

- Puisque l'électricité dans le sol se passe, paraît-il, d'un tuteur, les sons arriveront peut-être aussi à e diriger très loin dans l'espace. Le docteur Arnott en a donné la preuve !

Un certain docteur Arnott, en effet, venait de relater très sérieusement que, tandis qu'il revenait d'Amérique du Sud en Europe, à la fin d'une belle journée où soufflait une brise de terre, deux matelots furent d'accord pour prétendre qu'ils avaient entendu le bruit très distinct d'une sonnerie de cloches. Comme on se trouvait déjà pour le moins à cent lieues des côtes, ce propos fut salué par un éclat de rire presque général.

Certains passagers haussèrent les épaules. On pensait que ces matelots avaient la berlue ou bien qu'une hallucination de l'ouïe avait frappé l'un et par contagion l'autre. Le fait est que le capitaine du bord les rappela durement à l'ordre, en leur faisant comprendre que déraisonner de la sorte porte atteinte à la dignité de la Marine. Il eurent la veine de s'en tirer sans châtiment exemplaire.

Seul le docteur Arnott attacha de l'importance à la déclaration des deux matelots. Les prenant à part, à l'endroit même où ils prétendaient avoir entendu ce bizarre carillon, il leur fit répéter minutieusement ce qu'ils avaient dit. Lui ne riait pas, il fit la remarque troublante que les sons des cloches avaient été perçus tout près d'une voile concave ; et, s'étant placé dans son foyer, à son tour il entendit un bruit confus. Le docteur prit sur un carnet note exacte de l'heure et de la latitude où le phénomène s'était produit.

​Quelques mois plus tard, de retour en Amérique, après enquête, il apprit que, à l'instant même de la féérique constatation, il y avait eu, pour une fête locale, un branle-bas exceptionnel de cloches dans toutes les églises de Rio De Janeiro. Ainsi, merveilleusement à l'air libre, le son s'était transmis à plus de cent lieues au-dessus de la mer.

De ce fait quasi magique, les gens témérairement imaginatifs déduisaient que, dans la cavité d'un énorme appareil placé sur une éminence il serait bientôt facile de recueillir les lointaines et puissantes sonorités lancées par un porte-voix parabolique dirigé vers cette surface.

Ce n'était pas tout. On se rappelait qu'un inventeur d'Amsterdam avait à Bruxelles, en 1830, disposé dans une salle de l'Exposition, un orgue avec un tuyau long de 1000 pieds, dont le cornet débouchait à l'autre extrémité du musée de peinture. Or on entendait là mieux que dans la salle où avait lieu le concert. Déduction : parvenant à se faire entendre en même temps dans tous les quartiers d'une ville, la musique aurait bientôt le don d'ubiquité.

File:Wheatstone Charles drawing 1868.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et l'on citait les expériences du savant anglais Wheastone qui, dix ans auparavant, en 1838, avait construit l'un des premiers appareils de télégraphie électrique. Grâce à lui, racontait-on avec émerveillement, des gens sédentaires, joignant au goût des arts l'amour du coin du feu, pourraient recevoir à domicile les harmonies de concerts donnés ailleurs. On aurait chez soi une harpe, un piano, qui d'eux-mêmes, sans qu'on y touchât, se mettraient électriquement à répéter les airs au loin exécutés, dans le même moment sur d'autres instruments. Que ne disait-on pas déjà ?

Or, pourquoi ne pas reconnaître que, dès cette époque, il y avait dans ces rêves scientifiques les germes de la Sublime TSF

Commenter cet article