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Publié par M Zanetti

 

« La rue des allocs » : rien que le titre est à vomir. On va vous parler des gens qui touchent des allocations. On vous dit que l’un des quartiers d’Amiens, c’est la « rue des allocs » : quelle honte de réduire un quartier à la perception des allocations par ses habitants ! Mais l’indécence ne s’arrête pas qu’au titre : le traitement du contenu en est que plus écoeurant.

Que la pauvreté existe, on le sait ! Nous la voyons, nous la vivons tous les jours ! Mais la mettre en scène, donner une vision tronquée de la réalité, la limite de l’indécence est franchie. L’émission vous annonce que le quartier Saint-Leu est un des quartiers les plus pauvres de France. FAUX ! Il ne figure pas dans les 10 quartiers les plus pauvres de France. Dans cette émission, vous pouvez voir où habitent les gens interviewés : bien sûr, ces derniers étaient peut-être d’accord me diriez-vous, mais quand même ! « Ici habite une personne en difficulté, dans la pauvreté » : l’émission veut faire style de vous montrer la réalité la plus précise possible, elle met en fait en pâture des êtres humains. Parce que oui, il est là l’un des vrais problèmes de l’émission : le concept de l’inhumanité. Est-il humain de montrer où les gens habitent ? Est-il nécessaire de le faire ? Bien sûr que non. Lorsque l’on respecte un tant soit peu l’être humain, on se doit de respecter son intimité.

Mais l’indécence ne s’arrête pas là. Durant l’émission, l’alcool est souvent présent, les personnes sont montrées comme ne faisant presque rien de leur journée : les personnes dans la misère et la pauvreté seraient donc des gens qui boivent et qui ne font presque rien de leur journée ? Voilà l’image qui ressort de cette émission. Et pourtant, la réalité est toute autre : les personnes percevant des allocations sont des personnes cherchant du travail, qui se bougent tous les jours pour s’en sortir. L’émission est tronquée en ce sens qu’elle montre que les personnes dans la misère seraient des gens fainéants, buvant de l’alcool, dépressifs, ne payant pas leur loyer. Il y a une double indécence : la 1ère concerne les personnes dans cette émission, des personnes qui sont montrées de façon négative alors qu’ils ont des qualités et la 2ème indécence, c’est le fait de dire « la pauvreté, c’est ça ! » Enfin, il y a des gros plans sur des personnes dans un état douloureux : stop à la double peine (les difficultés qu’ils ont au quotidien et cette mise en scène télé indécente) !

Le négatif, voilà le thème de la réalité-poubelle ! Pourquoi ne pas avoir montré les solutions qui existent, les choses qui fonctionnent, bref montrer du positif pour encourager l’espoir et donner aux gens des idées pour s’en sortir.

Face à cette émission, on aurait espéré une réaction sensée de la part des élu(e)s locaux. Raté !

 

Des « écrans de fumée » politiciens

 

Suite à la diffusion de cette émission, un élu décide de lancer un hashtag : #Amiensenvrai afin de montrer que notre ville est belle. Nous n’avons pas attendu #Amiensenvrai pour montrer les richesses d’Amiens : patrimoine, nature, ses habitants, leurs histoires dans les industries Amiénoises…

Mais cela voudrait-il dire qu’à Amiens, il n’y a pas de pauvreté, qu’Amiens ne souffre pas ? Ne nous voilons pas la face : comme partout en France, il y a de la pauvreté. Le nier serait de l’irrespect pour les personnes qui souffrent de ce fléau qu’est la misère.

Mme le Maire d’Amiens est intervenu suite à la diffusion de cette émission :

  • Elle indique qu’Amiens n’a pas 20 % de chômage comme l’indique l’émission mais 13 %. Une nuance est à apporter. Il y avait 20,4 % de chômage pour la commune d’Amiens en 2013 selon l’Insee (l’Insee prend en compte la population active 15 ans et +, recherchant un emploi, inscrites ou non à Pôle Emploi ; le ministère du Travail, quant à lui, ne prend en compte que les personnes inscrites à Pôle Emploi). Mme le Maire s’est peut-être reportée pour le chiffre de 13 % au chiffre donné par le ministère du Travail ;

  • Pas d’actions contre M6 : protéger et aider les habitants, tel est l’un des buts de l’action politique. Certains parleraient de censure si l’émission n’avait pas le droit de diffuser les deux derniers épisodes, mais ce serait pour raison de dignité et de respect que de demander l’arrêt de diffusion des deux derniers épisodes. Mme le Maire d’Amiens a décidé de ne pas demander l’arrêt de la diffusion de cette émission, c’est son choix !

 

Depuis deux ans, la politique municipale Amiénoise montre un visage inquiétant :

  • En 2015, les 505 projecteurs de la gare ont coûté 600 000 €. Plusieurs de ces projecteurs proposent des lumières différentes, notamment selon certains événements. Certes, cela donne un certain effet mais tout cet argent pour ça ?! ;

  •  En 2015, selon le Courrier Picard, on apprend une augmentation pharamineuse des frais de cabinets du Maire d’Amiens et du Président d’Amiens Métropole : le Courrier Picard annonce une augmentation de 460 000 € environ ;

  • En 2015, l’opération estivale qui avait pour but notamment d’aménager le bassin du parc Saint-Pierre en plage a coûté plus de 180 000 € aux Amiénois et pour quels résultats ? Un espace de plage minuscule pour une ville comme Amiens, deux fermetures pour des raisons sanitaires, un coût exorbitant ;

  • Le Festival du Jazz n’existe plus ;

  • À partir de la rentrée 2016, la piscine pour les écoles maternelles, c’est fini !

Voici quelques exemples de la politique municipale Amiénoise depuis deux ans. Alors, de l’argent, il y en a ! On nous abreuve de « L’État baisse ses dotations, nous n’avons pas le choix ! », « Il faut faire des économies ! » : arrêtez les projets coûteux qui ne servent à rien ou qui échouent ! Arrêtez de répercuter les baisses des dotations d’État sur l’Éducation et la Culture Amiénoises !

Ajoutons à cela les conséquences de la perte d’Amiens comme capitale Régionale (départs d’employés, répercussions sur les commerces…). N’oublions pas qu’Amiens est la 2e ville de la Région Nord-Pas-de-Calais-Picardie et qu’elle y a toute sa place !

 

Citoyens, agissons !

 

Face à cette télé-poubelle et à ces « écrans de fumée politiques », nous devons, citoyens, agir et nous battre pour Amiens !

Une demande pour l’arrêt de la diffusion de l’émission concernant les deux derniers épisodes a été envoyée au CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) : espérons qu’elle aboutisse en faveur de la décence et des citoyens !

Continuons à relayer ce qui nous semble inadmissible et injuste concernant les politiques menées sur notre territoire et à dire ce que l’on en pense dans les réunions publiques.

Proposons des idées ayant pour but le bien-être de la population Amiénoise :

  • une réflexion pour faire venir et pour la création d’entreprises innovantes et porteuses d’emplois sur notre territoire. Nous avons actuellement 27 936 étudiants annuels à Amiens (2015-2016). Cette présence étudiante est une chance pour notre ville et pourrait devenir un formidable moteur économique et social : Ingénierie, Arts et en Design, Sciences Humaines, Droit… ;

  • donnons plus de moyens aux services et aux associations qui travaillent pour aider les Amiénois en difficulté ;

  • persistons pour avoir le TGV à Amiens nous reliant à Paris, Lille, Londres : Amiens est une ville ouverte sur l’Europe et sur le Monde ! Le TGV reliant Amiens à Londres, c’est une attractivité à ne pas manquer pour Amiens ! ;

  • encourageons le développement de la Culture et du Tourisme : beaucoup de choses restent encore à faire dans ce secteur. Nous avons des magnifiques associations culturelles (Musique, Théâtre…) : associons-les encore plus dans la dynamique culturelle d’Amiens ! ;

  • organisons des rencontres entre citoyens afin d’échanger et de proposer des projets pour Amiens.

Voilà quelques exemples d’idées pour faire avancer Amiens. Il n’y a pas de fatalité : il n’y a que des obstacles à surmonter !

Tant de travail reste à faire. Solidaires, nous devons réfléchir à l’avenir d’Amiens et agir pour concrétiser nos projets !

 

Mathieu ZANETTI

Photo cathédrale d'Amiens

 

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