Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Y.Moyne

 

 

Afficher l'image d'origineC’était un couple d’oiseaux qui s’aimaient très fort. Ils étaient si heureux de vivre ensemble qu’ils chantaient tout le jour. On disait d’eux qu’ils étaient gais comme des pinsons. Quand l’un d’eux partait faire les provisions, c’était toujours en sifflotant. Et son compagnon lui répondait de loin :

- Ti-iouli-iouli-iouli-iouli…

S’il cessait tout à coup de chanter, l’autre devenait inquiet. Et vite il multipliait ses « Ti-iouli… » jusqu’à ce que son ami lui réponde. C’étaient de vrais amoureux.

Il arriva qu’il y eut pour la première fois des œufs dans leur nid. Chacun leur tour, ils commencèrent à couver très sérieusement. Au bout de quelque temps, Maman Pinson dit à son époux :

- Il est temps que nous recommencions à chanter. Sinon, comment nos petits connaîtraient-ils nos chansons… ?

Ils chantèrent si joliment que, quand les coquilles commencèrent à se fendre, on entendit déjà pépier les oisillons.

barre de separation,separateurs

 

Les leçons de chant

 

Un jour de grand soleil, l’un après l’autre, les petits oiseaux montrèrent le bout de leur bec. Ils étaient tout ébouriffés de surprise. Maman Pinson fit la toilette des nouveau-nés, tandis que Papa Pinson courait de-ci de-là pour rapporter des vers tout neufs aux petits becs affamés.

Au bout de quelques jours, comme ils se tenaient déjà bien sur leurs pattes, les parents dirent aux oisillons :

- Petits pinsons, il est grand temps pour vous d’apprendre à chanter. Au moins, si quelqu’un s’approchait du nid en notre absence, vous n’auriez qu’à ouvrir le bec pour nous appeler. Nous reviendrions tout de suite auprès de vous.

Alors commencèrent les leçons de chant.

Les parents étaient si heureux des progrès de leurs oisillons que papa Pinson prenait de plus en plus de couleurs. Et maman Pinson avait une voix de plus en plus jolie. Patiemment, chaque jour, à tour de rôle, ils faisaient répéter leurs vocalises aux petits.

Un soir, une fois les oisillons endormis, maman Pinson dit à son époux :

- Je suis un peu inquiète. Six de nos oisillons profitent bien de leurs leçons. D’ici quelques jours, ils sauront nous appeler en cas de danger. Mais le septième, celui qui est un peu plus gros que les autres, me donne du souci.

- Pourtant il se porte bien ! dit Papa Pinson.

- Bien sûr. D’ailleurs, quand il ouvre son bec, c’est souvent pour chiper le ver d’un de ses frères…, mais jamais pour chanter.

Le lendemain, papa Pinson dit au septième oisillon :

- Tu es grand et fort pour ton âge. Tu dois avoir une bonne voix !

- Peut-être… dit l’oisillon. Mais je ne sais pas comment faire pour chanter !

- C’est tout simple. Il suffit d’ouvrir le bec et de dire « cui-cui-cui-cui… ». Plus tard, nous t’apprendrons les roulades et les « ti-iouli-iouli » que tes frères savent déjà faire.

Le septième oisillon eut beau pincer son bec, il n’en sortit que des bruits bizarres, mais pas de cui-cui.

barre de separation,separateurs

 

La visite d'un oiseau inconnu

 

Afficher l'image d'origineUn jour que les petits dormaient dans le nid, les parents étaient sortis tous les deux en même temps. Le septième oisillon qui était plus fort que ses frères s’éveilla avant leur retour. Il vit un oiseau inconnu s’approcher du nid. Un gros oiseau tout gris qui n’avait pas les belles couleurs de Papa Pinson. Il se mit sur la pointe des pieds pour mieux l’observer.

L’autre s’approcha encore et vint si près que l’oisillon eut peur. Il se blottit parmi ses frères.

Peu après, il n’entendit plus rien. Alors il s’étira de nouveau pour voir si le gros oiseau était parti.

- Coucou ! dit l’oiseau qui s’était caché derrière une branche.

Et, d’un coup d’aile, il disparut.

Le lendemain, pendant que les parents Pinson étaient absents, le gros oiseau gris revint jouer à cache-cache avec l’oisillon. Il revint encore le jour suivant, puis le suivant et tous les jours. Chaque fois, en s’approchant, l’oiseau disait :

- Coucou… coucou… c’est moi !

Un jour, presque sans y penser, le septième oisillon répondit :

- Coucou… je suis là !

Le soir, quand les deux pinsons regagnèrent leur nid, le septième oisillon tout fier leur dit :

- Ca y est… je sais chanter ! Ecoutez…

Et il se mit à faire une série de jolis « coucou-coucou-coucou… ». Les parents n’en croyaient pas leurs oreilles.

Alors arriva le gros oiseau gris qu’ils redoutaient un peu. Ils voulurent le chasser, mais il était très fort. Il essaya de prendre une petite voix pour ne pas faire peur aux deux pinsons :

- Coucou ! Je crois que vous avez recueilli mon oisillon, leur dit-il, celui que j’avais perdu !

Tout surpris, les deux pinsons répondirent par une série de « ti-iouli-iouli-iouli-iouli-ioula » que le gros coucou ne comprit pas.

Mais les petits enfants Pinson avaient compris le langage du coucou. Comme ils étaient déjà grands, ils se trouvaient un peu à l’étroit dans le nid. Alors ils dirent tous ensemble au septième oisillon, celui qu’ils avaient pris pour leur grand frère :

- Tu es assez grand, toi… Tu peux voler ! Tu devrais partir rejoindre ta famille. Et quand tu seras dans ton nid, tu nous feras coucou !

Ainsi fut fait. Le jeune Coucou retrouva sa vraie famille. Mais il n’oublia pas ses amis Pinson.

Depuis ce jour-là, le coucou joue à cache-cache avec les petits pinsons. Si vous tendez bien l’oreille, vous l’entendrez appeler :

- Coucou… coucou… coucou…

Et si vous tendez bien l’autre oreille, vous reconnaîtrez les petits pinsons qui répondent :

 Ti-iouli-iouli-iouli-iouli… 

Contes et légendes - Yolande Moyne : Le septième oisillon

Commenter cet article