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Sitôt le match terminé, il fallait songer au retour. Le camion aux performances limitées, reprenait la route, après avoir chargé les motos, et il rentrait comme il pouvait, n’ayant plus un impératif d’horaire. Les autos regagnaient Saint-Etienne, mais un sympathique repas, pris en chemin, faisait traditionnellement partie du programme. C’était l’occasion à chaque fois, pour l’un des participants, d’entonner « les bancs publics », que l’on n’avait jamais entendu ailleurs que de sa bouche. Brassens était alors un inconnu pour le grand public.

L’arrivée au domicile se faisait souvent à une heure tardive. Le lendemain, lundi matin, tout le monde reprenait le boulot, comme si rien ne s’était passé.

Un jour de 1955, une voiture tomba en panne à 150 ou 200 km de Saint-Etienne.

C’était une Salmson de 1949. Il s’agissait en fait d’une auto crée avant la guerre, mais dont la fabrication avait été reprise dans les années qui suivirent la Libération.

En cette circonstance elle avait coulé une bielle. Ce genre de panne ne se produit plus sur les véhicules dits modernes, puisque la technique a changé.

Maintenant les bielles sont montées sur des coussinets minces réalisés dans un alliage à base de cuivre et recouverts d’une pellicule de métal antifriction. Malmenés, ils peuvent se rayer ou se détériorer, mais ce n’est plus une cause de panne. L’amélioration considérable de la qualité des huiles a été bénéfique également.

Autrefois un antifriction appelé régule mesurant plusieurs mm d’épaisseur était coulé entre la bielle et le maneton du vilebrequin. En cas de défaut de graissage, ou de toute autre cause procurant un échauffement, il fondait. On entendait alors d’énormes claquements sous le capot, il fallait s’arrêter immédiatement, sous peine de tout casser. C’était ce qui venait d’arriver.

L’auto est rentrée à Saint-Etienne en remorque, derrière le camion des motos, tirée par une corde qui lâcha à plusieurs reprises. Ce fut une véritable expédition. Je vous laisse imaginer la remontée du Grand Bois, au milieu de la nuit, avec un utilitaire qui ne brillait guère par sa puissance. On peut parler de chemin de croix pour les deux chauffeurs.

Revenons sur le terrain de jeu. On utilisait alors des motos de 250 cm3. Elles possédaient deux vitesses avec une manette de manœuvre positionnée sur le côté du réservoir, la première servait au démarrage et tout de suite la seconde était enclenchée. Aujourd’hui, la cylindrée est restée la même, mais la puissance réelle a été multipliée par 3 ou 4 si ce n’est plus. Il en va de même pour les machines civiles, qui ont bénéficié également de l’évolution technique.

Il en résulte une modification des règlements, qui imposent à un joueur de ne pas franchir la ligne médiane avec le ballon, il doit le passer à un coéquipier, ceci pour casser la vitesse.

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Actuellement, la présidente de la commission de moto-ball à la fédération française de motocyclisme, envisage l’éventualité, dans le futur, d’utiliser des motos électriques, pour lutter contre la pollution sonore.

Aujourd’hui, le niveau maximum autorisé se situe à 96 décibels.

L’équipe forezienne utilisait alors des Terrot et des Koeller-Escoffier. Ces dernières étaient les meilleures, d’après ce qu’en disaient les joueurs. La dernière année, nos joueurs locaux se présentèrent avec de superbes machines « Automoto ». On aurait pu croire à un renouvellement du parc, mais ce n’était que du trompe-l’œil. Les motos avaient été customisées comme on dirait de nos jours. L’adjonction de superbes réservoirs siglés de cette marque locale et une belle peinture leur avaient donné meilleure allure, mais c’est tout.

La billetterie des jours de matchs assurait l’unique moyen de financement du club. Une météo défavorable causait bien des tourments au trésorier, d’autant plus que les frais d’arbitrage étaient toujours à la charge du club qui recevait.

A l’inverse, quand l’A.S.S.E. jouait à domicile le même jour, cela occasionnait un bonus appréciable. La rencontre de moto-ball commençait quand celle de foot se terminait, et un bon nombre de spectateurs qui sortaient du stade de football entraient au Parc de l’Etivallière pour finir leur après-midi. Bien souvent c’était le bruit des motos qui avait attiré leur attention. Certains, ravis, revenaient ensuite indépendamment.

Pour ma part, j’ai suivi le cheminement inverse. C’est parce que nous venions en famille pour ce sport mécanique que nous allions voir les Verts avant que la partie de moto-ball commence. Mon père nous abandonnait à la mi-temps pour aller se préparer. Ainsi en 1952, alors que je n’avais pas dix ans, j’ai fait la connaissance du Stade Geoffroy Guichard. Curieusement, c’est la moto qui m’a amené à m’intéresser au football.

 

SPORT MOTO-BALL FOREZIEN  Equipe type   De gauche à droite : Houg – Clair – Saillet – Davier – Michel – Vial.

SPORT MOTO-BALL FOREZIEN Equipe type De gauche à droite : Houg – Clair – Saillet – Davier – Michel – Vial.

Tag(s) : #Souvenirs de stéphanois

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