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Afficher l'image d'origineC’étaient trois petits ruisseaux clairs et insouciants qui chantaient tout le jour. Ils avaient toujours l’air d’être en vacances.

Ils étaient pourtant sages, ces trois ruisseaux. Mais de temps en temps, ils s’offraient une petite promenade inattendue. L’un courait tout à coup jusqu’à la lisière du bois. Le deuxième allait paresser dans le pré. Et le troisième, quand il avait chaud, faisait un détour pour s’abriter sous les peupliers.

Les trois ruisseaux ne manquaient jamais de ricocher sur les pierres, de débusquer une écrevisse ou d’arroser les boutons d’or. Et même ils chatouillaient les pieds des enfants qui venaient faire nager des brindilles.

En somme, les trois ruisseaux étaient heureux.

Or un jour, le plus petit des trois écouta les hirondelles. Dans leur langage, les hirondelles disaient :

- Petit ruisseau, si tu savais comme la mer est belle… Elle est si grande, si grande… qu'on dirait le ciel !

Le ruisseau ne comprenait pas très bien comment la mer pouvait être aussi grande que le ciel. Il questionna les hirondelles. Mais elles étaient si occupées à refaire leurs nids qu’elles ne l’entendirent même pas.

Il demanda bien leur avis aux autres oiseaux. Mais même les merles qui se vantaient toujours ne savaient pas comment la mer pouvait être aussi grande que le ciel.

Pendant des jours et des jours, le petit ruisseau essaya de s’imaginer la mer. Il y pensait tellement, que, même, il en rêvait la nuit. Et le jour, il oubliait de taquiner les écrevisses.

 

Le grand voyage

A force de réfléchir, le petit ruisseau perdit sa bonne mine. Un matin, le petit ruisseau qui était devenu tout triste dit à ses frères :

- J'ai décidé de faire un grand voyage. Je vais aller voir la mer.

- Tu n'y penses pas ! affirma celui qui était le plus paresseux. C'est bien trop loin !

Et le plus sage ajouta :

- J'ai entendu dire qu'à la mer, un ruisseau risquait de se noyer…

- Tu veux rire ! répondit le plus petit ruisseau. L'eau ne me fait pas peur !

Et après un clin d’œil à ses frères, il se mit en route.

Les hirondelles avaient dit que si on allait toujours tout droit, on arriverait à la mer. Toujours tout droit, c’est bon pour une hirondelle, mais un ruisseau, ça aime un peu zigzaguer et prendre son temps. Il coula longtemps, le petit ruisseau. A force de couler, il arriva devant une grande prairie.

- Si j'allais tout droit, maintenant ? se dit-il.

Et, à grandes enjambées, il entra dans le pré. Mais le pré était si grand que le pauvre ruisseau s’éparpillait sans pouvoir avancer. Il eut très peur. Il rassembla bien vite son eau et retrouva son lit.

- Tu t'y prends mal, remarqua une grosse truite qui remontait d’un long voyage. Prends donc modèle sur moi. Regarde comme je saute, c'est beaucoup plus rapide !

Alors le petit ruisseau s’amusa à sauter lui aussi. Les pierres étaient si contentes de voir sa bonne humeur, qu’elles faisaient exprès de barrer sa route pour l’obliger à sauter plus haut.

 

Une mare à canards

Afficher l'image d'origine- Oh ! Qu'est-ce que ce petit ruisseau me plaît ! dit un jour un paysan qui l’aperçut. Voilà ce qu'il me faut...

Le soir, le ruisseau qui ne se doutait de rien s’endormit. Quand il se réveilla, le lendemain, il ne se reconnaissait plus… Il était pris au piège ! On avait si bien barré sa route qu’il avait l’air d’une mare à canards.

- Moi, une mare à canards ! dit tout haut le ruisseau qui aimait tant sauter. Je ne vais pas me laisser faire...

Oui, mais… comment sortir de là ?

Heureusement il y avait tout près un gros bouquet de pissenlits. Ils s’ennuyaient tellement qu’ils avaient poussé de grandes fleurs. Et ils entendirent parler le petit ruisseau.

Alors les fleurs de pissenlit se penchèrent un peu sur la mare pour dire au ruisseau :

- Tu devrais venir de notre côté. Il y a une pente très forte. Si tu prends bien ton élan, tu pourras sauter par-dessus bord. Et après tu n'auras plus qu'à te laisser glisser jusqu'à la mer !

A son tour, le vent dut entendre ce que disaient les pissenlits, car il se leva aussitôt. Il réveilla même la pluie qui eut pitié du pauvre ruisseau. Le vent et la pluie poussèrent si fort le ruisseau que, d’un grand bond, il sauta par-dessus le bord de la mare.

Dans son élan, il sauta si loin qu’il dévala la pente sans pouvoir s’arrêter. Le ruisseau courut à toutes jambes, de plus en plus vite, en faisant rire et rouler les pierres. Et tout le long du chemin, il disait :

- Vite, laissez-moi passer, je vais voir la mer !

Or la mer était encore loin. Elle était si loin qu’il courut longtemps, longtemps, tous les jours et toutes les nuits… Il paraît même qu’il court encore. Mais on est sûr qu’il arrivera.

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Tag(s) : #contes et légendes

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