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De l'huile sur le fauve

En tout bien tout honneur

Le baiser

Au secours, j'veux de l'amour

L'homme parfait

Où t'as mis nos baisers

Julien

Quand le jour baisse

Le bordel

Histoire d'A

Monsieur Propre

La chanson de l'eau

Le jeu de 7 familles

Rimitti

Entonnoir marteau (bonus).

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Sur son site, on peut lire que Claire Danjou est taillée pour la scène. Exact mais elle est taillée tout autant pour le disque, ainsi qu'en témoigne ce premier album. Interprète, elle a cosigné un certain nombre de musiques, les textes (et certaines mélodies) étant pour la plupart de Nicolas Daquin, un ACI, du Nord comme elle, dont il faudra que je vous entretienne un de ces samedis. Citons également Jean-Michel Leleu, Vincent Legrand, Pierre Ameye, Boris Lanneau, Max-André Lezy, Jean-Jacques Sacquet, Mathieu Lespine. Quant aux arrangements, ils sont tous de Zosime Étienne.

Avant de donner vie aux 14 chansons écrites pour elle (et en partie composées par elle) de ce présent CD, elle reprenait des œuvres du répertoire. Certaines, très connues (« Mourir pour des idées », « L'orage », de qui vous savez), d'autres moins et ce sont les plus coquines (« Les amis de Monsieur », « Ouvre la fenêtre », « La biaiseuse »). Voir la vidéo.

Fan de reggae, anglophone et germanophone, Claire n'en a pas moins choisi de défendre la chanson bien de chez nous, celle dite « à texte ». Comme s'il pouvait en exister sans paroles. Mais, suivez mon ouïe, il en est tellement où le texte n'est que prétexte. Bref, passons. Je ne veux pas me répéter d'un coup de cœur à l'autre.

Image du Blog zezete2.centerblog.net

Dès l'abord, sa voix sensuelle s'impose, empreinte d'une charmante délicatesse (avec un magnifique vibrato dont elle use sans excès), parfois mutine, dans le premier titre, mais pouvant aussi se durcir jusqu'au coup de gueule :

Il était beau

Il sentait bon le sale macho »

(L'homme parfait »).

 Etienne Zozime, claviériste de Claire DanjouIl faut mentionner également les musiciens, qui l'accompagnent avec sobriété, intelligence et sensibilité : Étienne Zosime au piano (également arrangeur : voir ci-dessus), Silvia Lo Verde à l'accordéon et Jean-Christophe Lannoy au violoncelle. Puisque vous allez vous procurer le disque, vous verrez leurs photos en dernière page du livret. Je n'aurai omis personne quand j'aurai ajouté que le preneur de son se nomme Patrice Kubiak.

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Je vous propose maintenant une petite balade, amoureuse, d'un titre à l'autre. A trois exceptions près (« La chanson de l'eau » , « Rimitti », qui se trouve aussi sur un album de Nicolas Daquin, interprété par une autre chanteuse, et « Entonnoir Marteau »), l'amour est au centre de son propos. Elle le décline sous toutes ses facettes. To be cœur or cul, that is the question, posée par plus d'un magazine.

Si l'on s'en tenait à la chanson qui ouvre l'album (« En tout bien tout honneur »), la réponse serait limpide : chaque vers débute en alternance par « En tout bien tout honneur » et « En tout mal sans honneur » :

« En tout bien tout honneur, arrêtons la parlote

En tout mal sans honneur, ôtez donc ma culotte ».

Elle procède là au déniaisement d'un fils de famille, ainsi qu'on l'apprend à la fin :

« Au revoir beau Monsieur ! Merci et à bientôt !

Mes hommages à Madame votre mère qui demeure au château ».

 

Claire Danjou et ses musiciensEn fait, elle voudrait, dans l'Amour, mêler galipettes et sentiments mais hélas l'épreuve du temps n'épargne personne : « Où t'as mis nos baisers ? » : « Allez, ils sont perdus, perdus à jamais/Peut-être sont-ils là-bas derrière la porte condamnée/Sur la pointe des pieds, partis tout doucement » (« Où t'as mis nos baisers ? »).

Pourtant, l'amour profond, l'amour apaisé, tout le monde en rêve (sauf peut-être DSK) :

Toi qui m'as recueillie dans ton corps à l'abri

J'y puise l'énergie de vivre enfin ma vie » ,

(« Au secours, j'veux de l'amour »).

Et, quand le compagnon brille par son absence, ça donne « Quand le jour baisse », une chanson qu'elle aurait pu intituler « La tristesse » mais c'eût été trop direct, trop explicite. Il faut attendre la fin du deuxième couplet pour comprendre de quoi elle parle :

 Elle a déjà ses habitudes

Elle connaît si bien mon adresse

La tristesse ».

Dieu merci, Claire est plutôt d'un naturel optimiste et on a droit au happy end « :

Par nos baisers, par nos étreintes

Par ma voix sur cette complainte

Doucement elle s'est éteinte

La tristesse. 

 

Afficher l'image d'origineDeux textes se répondent, que l'on pourrait intituler « Les jeux de l'amour et du bazar » : « Le bordel »

Un homme, il me faudrait un homme

Un homme de ménage qui m'fasse mon repassage

Un homme, un homme qui me soulage ..

 qui m'ouvre un tout petit passage .

Cet homme existe, elle l'a trouvé :

Je vis avec Monsieur Propre,

un as de l'aspirateur

C'est vraiment le top du top !

Hélas pas du côté du cœur. 

(« M. Propre »). Eh oui, c'est là que le bât blesse, surtout lorsqu'on est artiste, d'autant plus que le TOC devient contagieux :

Maintenant j'm'y suis mise : moi aussi j'époussette

Tout juste si j'ai envie d'pousser la chansonnette.

Et ce qui devait arriver arrive :

J'ai viré Monsieur Propre de chez moi, d'mon plumard

J'ai repris ma guitare,égrené quelques notes

J'ai refoutu l'bazar et invité des potes.

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Afficher l'image d'origineSi, la plupart du temps, elle chante à la première personne, son tour d'horizon serait, certes, incomplet si elle n'évoquait pas, dans « Julien » les amours contre nature que réprouvent toutes les Boutins de la République, et, peut-être plus condamnables encore, quand on mêle toutes les déviances en un seul être : partagé(e) entre Julien et Juliette, le personnage n'en est pas moins gentil et serviable,

Il vend ses charmes aux plus souffrants,

Aux assoiffés de la dentelle

Il rit de presque toutes ses dents

quand on l'appelle Mad'moiselle

Il rit de presque toutes ses dents..

C'est vrai qu'il n'en a plus beaucoup

On lui casse régulièrement la gueule …

On dirait qu'il s'en fout.

Enfin, « La chanson de l'eau » ne parle pas directement d'amour mais c'est sans aucun doute la plus sensuelle de l'album. Avec une magnifique mélodie. L'eau, élément féminin par excellence, qu'elle tombe des cieux, à petites gouttes ou en trombe, qu'elle vienne de nos yeux en chagrin, qu'elle coule vers la mer, il serait sacrilège de ne pas l'accueillir.

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Afficher l'image d'origineLe bonus, « Entonnoir marteau », est de Nicolas Daquin. Pour terminer, quoi de mieux que cet éloge de la folie ?

Au diable les psy(chotrope)s de tout poil,

Dites à l'humanité

Que c'est elle qui débloque !

Claire n'a pas de tourneur, pas de producteur, pas de label. Seulement un incomparable talent. Pour acheter son album, allez voir sur son site (www.clairedanjou.com). Vous y trouverez également de quoi sera fait son prochain spectacle, prêt à voyager.

Tag(s) : #Les coups de coeur de pierre thevenin

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