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Cette semaine et les suivante Jean-Paul Clair nous fera découvrir ou redécouvrir un sport original qui allie moto et football. A l'heure actuelle la France compte quelques équipes  avec un championnat ( division A et B) national. Un sport que j'ai découvert  grâce à Jean-Paul et que je vous invite aujourd'hui à découvrir grâce à cette série d'articles qui lui sera consacré tout au long des dimanches d'avril. Belle lecture et découverte à tous.

Souvenirs de Stéphanois - Jean-Paul Clair - MOTO-BALL

 

S’il est un sport particulièrement méconnu, c’est bien le moto-ball. Pourtant, à l’heure actuelle, quelques villes possèdent une équipe. Elles participent à un championnat avec divisions A et B. Sur le plan international, l’équipe française occupe un bon niveau. Pour l’amateur, c’est le moins cher des sports motocyclistes, puisque les machines appartiennent aux clubs.

C’est en Russie que l’on trouve le plus grand nombre de pratiquants. Nous sommes la deuxième nation dans ce domaine, devant les pays nordiques. En France, ce sport est né dans les années trente. A la fin de la guerre notre région comptait trois clubs.

Celui de La Ricamarie lâcha prise le premier. Son gardien de but rejoignit ensuite l’équipe stéphanoise. Les joueurs du Chambon-Feugerolles jouaient avec une tenue verte. Ils disputaient leurs matchs à domicile sur un stade près de la centrale du Becque. Pour s’y rendre, on prenait le tram puis le trolley qui avait un arrêt à proximité. Leur aventure se termina en 1952 ou 1953. Quelques-uns de leurs bons éléments vinrent grossir les rangs du Sport Moto-Ball Forézien de Saint-Étienne dont l’existence prit fin en 1955. Dans ce dernier club les maillots étaient de deux teintes, jaune et rouge, les couleurs du Forez.

Mon père était joueur, j’ai pu assister à tous les matchs à domicile, mais en plus j’ai eu la chance assez souvent d’effectuer les déplacements, ce qui était une aubaine pour le gamin que j’étais. Quand j’entendais Charles Trenet chanter « Nationale 7 », je savais de quoi il parlait puisque nous l’empruntions chaque fois pour nous rendre chez l’adversaire du jour.

Les rencontres se disputaient sur des stades de football. L’herbe n’appréciait pas tellement le passage des motos avec leurs pneus arrière à fortes sculptures et les terrains où se déroulait ce sport renonçaient au gazon. Quelquefois, des communes sollicitaient les clubs pour qu’ils viennent disputer une rencontre amicale chez elles. Elles ne savaient pas à quoi elles s’exposaient. A la fin du match le labourage était parfait et il ne restait plus qu’à semer à nouveau ! En général elles ne redemandaient pas une nouvelle visite.

Depuis cette époque les règlements ont un peu changé. Le moto-ball dispose maintenant d’un espace de jeu spécifique. Les dimensions des terrains et des cages de buts sont restées les mêmes, mais le gardien dispose d’une zone un peu comme au hand-ball. Il n’a pas le droit d’en sortir, mais les motos ne peuvent y pénétrer. Il ne doit pas garder le ballon plus de dix secondes.

A la fin des années quarante les Stéphanois jouaient sur le stade de Grouchy, près de la Terrasse. Il n’y avait pas de tribune. Une butte en herbe à très forte pente, qui surplombait le terrain, accueillait des spectateurs assis par terre. Des dames y prenaient place et les joueurs prétendaient avoir, d’en bas, une vue imprenable.

Les hauts parleurs diffusaient durant les arrêts « Etoile des neiges » « Le bal à Doudou » « Voulez-vous danser grand-mère ? » à maintes reprises, presque en boucle. Pour moi ces chansons sont restées attachées à ce lieu. Par la suite, à sa grande satisfaction, le club a pu utiliser l’Etivallière. La configuration n’avait aucun rapport avec le complexe sportif actuel. Le terrain de foot, qui accueillait également le rugby, était entouré d’une piste de vélo en terre battue, avec virages légèrement relevés, qui servaient de gradins naturels pour les spectateurs qui n’avaient pas pris place dans la vieille tribune en bois. On comptait sept courts de tennis. En entrant, avant même d’accéder au terrain, on en trouvait deux sur notre droite, avec à gauche la maison du gardien et les vestiaires, entre les deux l’espace pavé permettait le stationnement de quelques véhicules, ce qui était largement suffisant par rapport au parc automobile d’alors. Les cinq autres courts trouvaient place à l’autre extrémité du terrain, rangés côte à côte. Celui du centre, le numéro 5, était goudronné, devenant le seul utilisable l’hiver et les jours de pluie. Derrière eux subsistait une orangerie qui servait de vestiaire aux équipes visiteuses. Par-dessus le mur on apercevait un immense gazomètre. Par rapport au complexe actuel la vision entre le stade et l’extérieur était impossible. Geoffroy Guichard obéissait aux mêmes règles, il fallait franchir l’une des petites portes pour en connaître l’intérieur.

HOUG - CLAIR - SAILLET - DAVIER - VIAL - VINCENOT l'équipe stéphanoise 1950

HOUG - CLAIR - SAILLET - DAVIER - VIAL - VINCENOT l'équipe stéphanoise 1950

Tag(s) : #Souvenirs de stéphanois

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