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Il y a deux semaines Jean-Paul nous faisait découvrir un sport méconnu mais haut en couleur : le moto ball. Cette semaine et la ou les suivantes lui seront encore consacrée (s)....je ne doute pas que ce sport, dont j'ignorais jusqu'à l'existence, vous intrigue tout autant que moi d'autant que l'on en entend peu parler dans les médias...

 

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Match de Moto Ball Saint Etienne 1950

Les matchs de moto-ball m’ont fait découvrir et manger pour la première fois des cacahuètes. Un marchand ambulant, avec un grand panier d’osier pour les transporter, en proposait la vente en petits sachets. Il appréciait de pouvoir accéder gratuitement au stade où se disputaient les rencontres, ce qui n’était pas le cas pour le foot à l’A.S.S.E., où il fallait, paraît-il, acquitter la place la plus chère pour pouvoir circuler librement. A ce propos, je me souviens à Geoffroy Guichard d’un autre vendeur bonimenteur comme un camelot de marché. Il prétendait être originaire de Lille et s’appeler Lucien. Il s’agissait sans doute d’un clin d’œil à la chanteuse vedette du moment, Lucienne de Lisle.

Durant les années d’après guerre, deux présidents se sont succédé. Le premier, Félix Vidal, était le directeur des outillages Fevi, que d’anciens Stéphanois ont pu connaître. Cet établissement se situait rue Pierre Dupont. L’enseigne a subsisté longtemps après sa disparition, mais l’inscription « constructions mécaniques » gravée en creux dans le ciment est toujours visible actuellement sur un bâtiment désaffecté. Depuis un certain temps on peut lire en grosses lettres « entrée interdite, vous engagez votre responsabilité civile et pénale ».

Monsieur Fillion, propriétaire de la droguerie de la Tour, a pris sa suite à la tête du club. On doit noter un détail important : tous deux possédaient un camion qu’ils avaient mis à disposition de l’équipe, avec son chauffeur, pour transporter les motos. Nous étions à la fin des années 40 et au début des années 50, ces véhicules n’étaient pas de première jeunesse.

 

Afficher l'image d'origineLe siège de l’association avait d’abord été fixé au Café des Colonnes, place Jean Jaurès. Par la suite il fut transféré place Jacquard, au Café de l’Époque tenu par Henri Davier, lui-même encore joueur mais qui appartenait déjà à la formation d’avant la guerre qui fut championne du groupe Centre en 1934-35-36. Auparavant il avait pratiqué divers autres sports, tout d’abord la course à pied (demi-fond et cross), dans cette discipline il avait remporté plusieurs épreuves. En motocyclisme des places d’honneur figuraient à son palmarès lors de courses de côtes et de circuits. On peut également mentionner le football pour terminer. Il était universellement connu par son surnom « le curé ». Cette appellation soulignait plus sa faculté à prêcher que ses convictions religieuses. A la mi-temps des matchs de l’A.S.S.E., lorsque le speaker égrenait les publicités locales, il nous conseillait d’aller finir la soirée en dégustant un Pouilly Fuissé… chez le curé Davier !

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Certaines règles de ce sport sont communes au football. On retrouve le coup-franc et le pénalty par exemple, les adversaires doivent se trouver à 9 m 15 au moment de l’exécution. Nous allons maintenant passer en revue les conditions de jeu. Une équipe était composée de 6 personnes, 5 sur le terrain et un remplaçant qui rentrait en jeu principalement lorsque la moto d’un titulaire tombait en panne, ou lorsque ce dernier était blessé. Ce remplacement n’avait rien de définitif et le titulaire reprenait sa place dès qu’il était en mesure de le faire. Aujourd’hui il y a toujours 5 joueurs sur le terrain, mais 5 remplaçants sont autorisés. Je pense que le changement de joueur correspond plus à une tactique, un peu comme au football. Un point du règlement précise que le joueur rentrant n’a pas le droit de tirer un pénalty si la faute a été commise avant qu’il soit sur le terrain. Le nombre de motos utilisées par une équipe durant un match est limité à dix.

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Après cette parenthèse actuelle revenons aux matchs d’alors. On notait trois attaquants qui défendaient également pour essayer de récupérer le ballon quand ils l’avaient perdu, mais un arrière restait devant le gardien pour protéger les buts, son action était strictement défensive. Le goal disposait parfois d’une moto spéciale, sorte d’engin étroit et entièrement caréné, avec un petit volant à la place du guidon. D’autres gardiens utilisaient également une moto de forme plus classique avec guidon. Elle était munie d’un moteur de faible cylindrée dont on ne se servait pas durant la partie, mais réglementairement un arbitre pouvait demander au gardien qu’il traverse le terrain entraîné par sa mécanique pour rejoindre sa cage. Cette disposition avait pour but d’éviter l’usage d’une moto factice légère.  Durant le match, propulsé par ses jambes, il se déplaçait latéralement le long de la ligne de but pour empêcher le ballon de rentrer. Parfois il lâchait la moto pour plonger, mais devait immédiatement la reprendre ensuite. Depuis, le règlement a été changé et il n’a plus de moto, ce qui lui facilite grandement la tâche. ( A suivre dimanche prochain )

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Match de Moto Ball Saint Etienne - 1950

De gauche à droite :
HOUG - CLAIR - SAILLET - DAVIER - MICHEL - VIAL
Tag(s) : #Souvenirs de stéphanois

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