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En septembre1888, la municipalité remplaçait au théâtre des Ursules l'éclairage au gaz par l’électricité. Au nom de la sécurité, un des théâtres les plus dangereux de France devenait ainsi d'avant-garde.

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Répartis en différents dépôts de la ville, les pompes à incendies devaient hâter la lutte contre le feu.

Mais les causes ne s'en trouvait pas réduites. Car hormis les vieilles méthodes d'éclairage à chandelle, huile ou bien bougie, le gaz représentait encore en 1866 la plus modernes des lumières artificielles. Il s'écoula vingt ans avant les essais d'un nouveau procédé.

Le 12 juin 1886, pour mettre au théâtre le public à l'abri des incendies, le conseil municipal émit le vœu d'installer l'électricité. Se sentant vocation de précurseur, il fut aussi d'avis de demander «  au gouvernement cet éclairage pour tous les théâtres possibles en le rendant même obligatoire ». Ce dont il ne se doutait pas, c'est qu'il ferait figure d'oracle.

A peine un an plus tard, un incendie en pleine représentation à l'Opéra-Comique de Paris, provoquait une effroyable panique qui, en dehors des victimes du feu, ajouta celles qui sautèrent par les fenêtres, ou qu'étouffa la bousculade. Le sinistre fut attribué à une conduite de gaz rompue, dont le jet aurait enflammé les coulisses, le rideau puis la frise.

La tragédie rappela aux stéphanois à quel point leur théâtre était vulnérable aux fuites de ce genre : énorme amoncellement de planches et de madriers, il mettrait, estimait-on, moins d'une demi-heure à se consumer, alors qu'il faudrait trois quart-heure pour l'évacuer. Certains évoquèrent seize issues, mais secrètes puis qu’inconnues du public. D'autres parlèrent de cloisons très légères, enfonçables d'un coup d'épaules et de portes conçues pour être brisées. En somme, un vrai théâtre romanesque, digne d'un roman de cape et d'épée, qui eut raison d'accueillir Alexandre Dumas.

 

CLARTES EXPERIMENTALES

Dans sa séance du 26 mai 1887, le conseil municipal n'évoqua pas ses sorties mystérieuses. Il reprit son idée de l'année précédente : «  que le théâtre soit éclairé à la lumière électrique dans les plus brefs délais « . Etaient qualifiés de «  traités d'une autre époque ceux passés avec des compagnies de gaz » ; et il fut souhaité que les autres villes s'en délient.

De son côté Saint-Étienne décida de n'ouvrir la saison qu'après la mise en place de l'éclairage électrique La compagnie de gaz se proposa de l'installer. Les délibérations du 5 août lui préférèrent la toute récente Compagnie Edison, pour les prix, la rapidité d’exécution, l'entretien et les employés spécialisés. Engagement fut pris pour un an.

Intéressés par cette technique d'avant-garde les maires de Nantes et de Lyon demandèrent l'avis de celui de Saint-Etienne. Avant les douze mois écoulés, il en souligna le bon fonctionnement en matière de lumière et de force motrice.

Ainsi, entre construire le lycée ou un nouvel opéra, la municipalité n'aurait pas à choisir : la fée électricité avait usée de sa baguette.

Ciel- Béon -STM

Ciel- Béon -STM

Tag(s) : #le roman de l'Histoire Serge Granjon

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