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Publié par S.Granjon

Au « Pieux Secours « , les dons affluaient depuis sa fondation.

La chapelle, écrin du cœur de la fondatrice, fut grâce à eux refaite avec soin, vers la fin du XIXè siècle.

 

Voici bien peu d'années, un mur rongé de mousse offrait aux regards des passants ses pierres bombées et noires. Reste d'enclos du couvent de la Reine, prénom de sa fondatrice. Un jeu de mots mérité car, souveraine, Reine Françon l'était, de par ses qualités de cœur. Pour héberger vingt orphelines, elle avait fondé « le Pieux Secours «.

Les dons affluèrent si bien qu'elle achetait, en 1829, un bâtiment isolé du reste du monde, en haut de la rue de la Paix. L'institution déjà florissait avec quatre-vingts orphelines, auxquelles était appris à lire, à écrire, à travailler la soie. Reine mourut en décembre 1842. Cent trente jeune pensionnaires l'accompagnèrent au Crêt de Roch, vers sa dernière demeure. Mais le couvent qu'elle avait tant aimé voulut conserver son cœur.

 

UNE PLEIADE D ARTISTES

Près d'un demi-siècle plus tard, la Providence, autre nom du Pieux Secours, l'honorait encore derrière l'autel de la chapelle. C'était un tout nouvel oratoire, terminé guère avant la Noël 1887. De l'ancien n'étaient conservés que les murs. Plusieurs corps de métiers, en moins de huit mois, l'avaient remis à neuf. Une pléiade d'artistes régionaux en avait fait un gracieux sanctuaire. 

Le sculpteur INDUNI l'avait doté d'un double autel de marbre orné de colonnettes. Quant aux deux tabernacles en bronze doré, artistiquement décorés, ils étaient signés du lyonnais FIET. A DUFETRE, autre Lyonnais, revenaient les sept vitraux. Ils représentaient un ensemble de saintes, surtout, et de saint vénérés par les donateurs.

Deux frères, Francisque et Jean Zacchéo, en avaient conçu le délicat dessin. Symbolisant les litanies de la Vierge, ils formaient en médaillon une guirlande de fleurs enroulée autour du plafond. Comme autant de prières jaillies de la nef ou du confessionnal, cette autre œuvre d'art de style roman, dont l'auteur s'appelait Mathevet.

Sur l'abside étaient reproduites, à droite les armes de Léon XIII, à gauche celle de Mgr Foulon, archevêque de Lyon. Tout autour des murs de la chapelle, des inscriptions commémoraient le souvenir des bienfaiteurs les plus généreux. Les autres figuraient discrètement sur les registres de la maison.

Orphelines, novices et sœurs attendaient au couvent Noël : «  quand la cloche à minuit sonnera, l'Amour viendra de naître sur la terre «. Louis Induni, l'auteur des deux autels, sculptait aussi des vers.

 

 

Serge Granjon - Saint-Etienne sous la IIIe République- L'oratoire de la reine

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