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Publié par constantin Mourakopoulos

Résilience est un terme qui a été démocratisé par Boris Cyrulnik avec la définition suivante : " La résilience définit la capacité à se développer quand même, dans des environnements hostiles, cruels qui auraient dû être délabrants ".

En somme, il s'agit de surmonter avec ses propres aptitudes les pires situations ou les choses de l'existence, puis continuer à vivre paisiblement. A priori, c'est du positif. Rien à redire.

Le film "Human" réalisé par Yann Arthus Bertrand nous montre des tas de gens "résilients". Dans une misère la plus totale...ils se reconstruisent.

Guerres, famines, épidémies, tortures, viols, trafics humains en tout genre...ils se reconstruisent. C'est beau comme un roman à l'eau de rose, comme un film hollywoodien avec le happy end pour bouquet final. Pourquoi pas ? Mon propos est ironique mais mesuré. Cela n'enlève rien à la valeur individuelle du témoignage de toutes ces personnes qui figurent dans ce film. Mais au bout du compte, chaque histoire sur chaque histoire, nous obtenons une addition parfois salée et demeure un arrière-goût de malaise. Car à en croire ce concept, tout serait possible dans le meilleur des mondes et a fortiori survivre à l'impossible quoi qu'il en coûte.

Il suffirait simplement de le vouloir si l'on se réfère au dicton populaire : " vouloir, c'est pouvoir ".

Mais en quoi ce concept nouveau et à la mode diffère du passé ? Rien, à mon avis, sinon nous ne serions pas là. L'humanité a dû faire face aux pires situations ou cataclysmes. Alors pourquoi le terme instinct de survie a-t-il disparu au profit de cet euphémisme ? Nouvel élément de langage dans le dictionnaire des idées fabriquées ? Donc nous serions en marche vers la résilience. Youpi ! Aux chiottes le prozac et tous les substituts anti-dépresseurs, pilules anti-anxiogènes qui font le bonheur du tiroir caisse des laboratoires pharmaceutiques. Ce concept applicable à l'individu, est-il transposable à un groupe, une société, un pays ? Et cette valeur individuelle, phare lumineux du siècle dont on nous rebat les oreilles, est-elle réalisable à l'échelle d'une nation ?

Prenons par exemple un pays comme la Grèce en l'occurrence ?

Que reproche-t-on au peuple grec ? De ne pas être résilient. A savoir, refuser systématiquement la destruction du système économique et social de son pays pour accoucher de l'avènement d'un homme sain, cicatrisé mais respectable ? De montrer de la défiance voire une aversion à l'égard des médecins et psychologues penchés à son chevet ? De se cambrer, de manifester son désaccord, de refuser les potions magiques, de faire grève, d'occuper des locaux, détruire des banques, brûler des centres des impôts, contester, résister...et dire finalement NON aux blouses blanches et mandarins experts ? D'être conservateurs de leurs culture, tradition et mode de vie ? D'écarter le traumatisme qui les condamne à périr ? De ne pas fabriquer des anti-corps pour résister aux maux de leur société ? De ne pas accepter la main tendue et le cœur sur le portefeuille des voisins et amis de longue date ? De s'entêter inutilement et devenir schizophrènes ? De vouloir survivre dans les décombres du passé ? De résilience en résilience, oublier le travail accompli, devenir alzheimer de sa fierté et de sa dignité ? Du passé faisons table rase et tournons-nous vers l'avenir malgré les amputations sur nos libertés

Le 13 juillet 2015, F.FILLON déclarait : " Il faudra s'assurer de la bonne foi des autorités grecques et de la résilience de son peuple qui a été sauvé du chaos mais trompé par Tsipras".

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