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Publié par Guy Le Ray

De champs en prairies,
De taillis en forêts,
De fermes en bosquets,
Un corbeau blanc,
Par ses frères mis au ban,
Errait sans fin, toujours aux aguets.
Ici les corneilles le moquaient,
Là les pies le narguaient,
Ailleurs choucas et freux le chassaient.
Nulle part il n’avait un toit,
Partout il était aux abois.
Cette vie errante
Le conduisit un jour de mai
A une rencontre surprenante
Dans une contrée couleur de geai.
La falaise était peuplée d’oiseaux noirs et blancs
Volant comme des poissons en banc.
Au gré du vent, dessinant des arabesques
Ils se livraient à un spectacle chevaleresque.
Du corbeau un groupe s’approcha,
Par curiosité, pour savoir qui était là.
Que faites-vous ici ?, dit le chef d’escadrille 
Je cherche, répondit le corbeau, un asile,
Depuis que mes frères m’ont poussé à l’exil.
Sans doute n’ai-je point votre talent
Pour jouer avec le vent,
Mais je vous promets, prince des airs,
De travailler de l’aurore au crépuscule
Pour me mêler à vous sans être ridicule.
"Soit", dit le maître d’escadrille
Ne perdons pas un instant,
Partons en vrille.

Partout dans le vaste monde,
La différence est féconde
Pour rejeter ce qui n’est pas comme soi
Gardons-nous d’en faire la loi.

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