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Publié par dix vinsblog

Almanach Vermot 1922  - L'homme au chiffon de papier ( Bethmann- Holweg -1856 -1921 )

Courbé dans sa retraite, sous les malédictions de millions de mères et d’épouses qui pleurent les unes un mari, les autres un enfant, M. de Bethmann-Hollweg, est mort dans la nuit du 2 janvier 1921. Le chancelier rouge de 1914, l’un des hommes qui furent le plus directement responsables de la guerre mondiale, ne se borna pas à attiser le feu qu’il avait allumé, les documents officiels l’attestent, de ses propres mains : ayant participé au crime de préparer la guerre, il la déclara, et, l’ayant déclarée, il en précipita les effets en ordonnant la violation des territoires neutres de la Belgique et du Luxembourg. Et  à cause de cela  l’histoire le désignera éternellement sous le nom de «  l’homme au chiffon de papier «. Né dans  une ville du Brandebourg, le 29 novembre 1859, il appartenait à une famille originaire de Hollande ; il était apparenté, par les femmes, à la famille française de Flavigny et il pouvait ainsi se vanter d’être le petit cousin de la fille du comte de Flavigny , la comtesse d’Agoult, connue en littérature sous le nom de Daniel Stern.

Fonctionnaire jusqu’en 1905, il devint à ce moment ministre de l’intérieur de Prusse, puis en 1907, vice-président du cabinet prussien. Sa souplesse le fit désigner en 1909, lors de la chute de M. Bulow, pour le poste de chancelier de l’Empire.

Bulow avait été chancelier de Tanger ; il fut, lui, celui d’Agadir. Et dès cet instant, préparant la guerre par des armements formidables, il essaya d’entraîner l’Angleterre dans son jeu, tout en s’efforçant de nous endormir. De là les intrigues Haldane d’une part et les assurances que Guillaume donnait d’autre part à des Français notoires, invités sur son yacht, qu’il ne désirait rien tant qu’un rapprochement avec nous.

C'est à propos des incidents qui suivirent l'attentat de Sarajevo que, en juillet 1914, M. de Bethmann-Hollweg jugea le moment venu de mettre le jeu aux poudres que depuis neuf années il amoncelait.

En 1916, voyant la partie perdue, il parla de paix. Plus tard il prétendit ou avoua qu’à ce moment  il n’avait pas été sincère. Toujours est-il qu’il suivit une politique désordonnée, encourageant d’abord Tirpitz puis provoquant son départ. En juillet 1917 il dut se retirer à son tour et, dès lors, il vécut dans la retraite. Il n’en sortit une première fois que pour tenter une vaine justification par des mémoires où il truqua la vérité,  puis une seconde après l’armistice, comme les Alliés demandaient le châtiment de Guillaume II, il se déclara prêt à comparaitre à la place du Kaiser dans une cour de justice neutre.

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