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L’exposition universelle de 1889 fit surgir un campanile célébrant le dieu de la forge. Eiffel, l’alchimiste de l’acier, ne pouvait ignorer le bassin stéphanois.

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 Il fallait pour la République une moderne Babel tout entière consacrée à sa gloire. Aux déçus de l’aventure boulangiste qui venait de tomber de haut, seule elle remettrait la tête dans les nuages. Prévue pour le centenaire de la Révolution, l’expo universelle en fournit le prétexte. Les organisateurs mirent au concours une tour «  apothéose du métal et de la machine «.

Eiffel, qui l’emporta, n’en était pas à son coup d’essai : passé maître en l’art des structures d’acier, il avait réalisé un pont d’une arche à Porto, d’une autre à Garabit.  Quoique aussi audacieuses, celle de sa tour de Paris, loin de servir d’arches d’alliance, semèrent la désunion autour d’elles.

Afficher l'image d'origineQuarante-sept des plus beaux esprits du temps signèrent une pétition indignée. Passe encore d’y nommer la tour «  Notre-Dame de la brocante «, «  chandelier creux «, ou «  quincaillerie superbe « …mais «  suppositoire solitaire «  paraissait franchement excessif, même en plein Champ-de-Mars, pour un monument qui reçut deux millions de visiteurs pendant les six mois de l’expo.

Elle arrivait à son terme, et avec elle les trains de plaisir à destination de ce beffroi en fer, lorsqu’un Forézien gémit, d’une plume amère : «  je maudis la Tour Eiffel «. Il se plaignait d’avoir fait la queue une heure et demie en bas, d’être resté sous la pluie et le vent au deuxième étage, n’offrant aux 5000 visiteurs présents que ses cinquante abris.

 

LA LOIRE, MERE DE LA TOUR

Description de cette image, également commentée ci-aprèsPourtant il se pourrait bien que dans la Loire fût conçue la Tour. Les maîtres des forges connaissaient déjà Gustave Eiffel. Dans le courant de l’année 1886, il avait parcouru la plupart des usines du bassin. Mais le plus surprenant resterait le mystère de la croix de Saint-Bonnet le Courreau.

Située sur la place au Nord de l’Eglise, celle-ci datait du XVe siècle. Son socle étrange aurait inspiré un ami, Eiffel, qui, aussitôt, l’aurait dessiné. Ce qui devient plausible s’il était invité par le préfet Lépine, en poste dans la Loire avant d’être à Paris., propriétaire à Sauvain d’une maison de maître.

Ce ne fut pas pour voir à Saint-Bonnet le pied de granit en pyramide, troué d’arcades à la base, qu’Eiffel vint fin septembre 1889. Il devait accompagner à Saint-Etienne les membres de l’institut  anglais de l’acier et du fer. A Paris, la société des ingénieurs civils leur offrit un banquet sur la tour, puis ils prirent le train de nuit. Le lendemain à 8 heures, ils étaient attendus, comme il se doit, dans un temple dédié à l’acier : la gare de Châteaucreux.

 

Saint etienne kiosque place Jean Jaures

Saint etienne kiosque place Jean Jaures

Tag(s) : #le roman de l'Histoire Serge Granjon

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