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Publié par Irène Duboeuf

Dans la boucle du Tibre, des animaux

Evadés de leur prison de marbre

Proliféraient.

 

Un bestiaire géant

Signalait les espèces remarquables : dauphins

Affectés au transport des divinités, chevaux ailés

Se déchaînant dans l’allégorie des fontaines

Et soulignait l’exploit d’un jeune éléphant équilibriste

Perché sur un piédestal

Qui soutenait des siècles l’obélisque de Saïs

Sans aucun signe de fatigue.

 

A l’intérieur de leurs palais tendus de pourpre

Où s’entassaient des urnes funéraires

Des princes survivaient dans l’embrasure du temps.

 

Du haut des fenêtres

Ils regardaient la ville

 

Les places foisonnaient de marchands d’amulettes

De chanteurs de rue, de faiseurs de prodiges

De vendeurs à la sauvette…

 

Assis sur les pavés de la précarité

Des sans-papiers tendaient la main.

 

Poursuivie jusqu’au cœur des églises par l’insolence de l’or

La volupté courait de colonnes en pilastres

Dans un foisonnement de corps enchevêtrés

Et de vapeurs d’encens.

La peur du vide, obsessionnelle

Tournait en rond sous les coupoles

Et jugulait le néant dans la théâtralité des sépulcres.

 

Parfois des clairs obscurs, sans crier garde

Coupaient le souffle et il n’était pas rare

De succomber à l’éblouissement

Le regard brûlé par une explosion de couleurs.

 

Chaque soir se répétait la liturgie des astres.

 

Tout commençait par les clochers

Qui dialoguaient d’une colline à l’autre

 

A la lumière des cierges, Vénus et Jupiter

Allumaient une étoile qu’ils déposaient

Dans le bleu de la nuit.

 

Puis les lourdes portes se refermaient

Sur l’écho des prières et des nefs désertées

Où des miroirs voyants

Inclinés devant les promesses du ciel

Réfléchissaient l’enchantement des fresques

A la gloire de Dieu !

 

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