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Publié par dix vins blog

Le peintre Diaz travaillait un jour  dans une salle des tuileries. Il avait pris un plafond ordinaire dont il faisait un ciel immense et splendide. Ce n’était rien encore, il ouvrait le ciel d’un coup de brosse et il faisait pleuvoir une averse de fleurs. Comme le ciel de Diaz était bien à cinq mètres du plancher, Diaz était perché sur une grande échelle. Perdu au milieu des nuages qu’il ébauchait, il ressemblait assez à un génie céleste, à part l’uniforme bien entendu. Le roi Louis-Philippe, c’était avant 1848, entra dans la salle où peignait Diaz.  Le grand artiste ôta respectueusement sa pipe de sa bouche :

-Fumez donc, Monsieur Diaz, dit le roi, vous êtes dans votre atelier ici.

Diaz qui était un fumeur fervent, ne se le fit pas dire deux fois, il reprit sa pipe quand le roi fut passé. Vint aussi une espèce d’huissier qui n’était pas aussi accommodant que le roi.

-Eh, dites donc mon bonhomme, cria-t-il à l’artiste on ne fume pas dans nos salles !

Diaz ne bougea pas et continua de fumer et de peindre.

-Etes-vous sourd, vociféra l’huissier pourpre de colère.

Cette fois, du fond de son ciel l’artiste l’entend et lui répond tranquillement :

-Mon vieux ne nous fâchons pas, j’ai la permission du «  bourgeois « !

Almanach Vermot 1938 : la pipe de l'artiste - article du 31 mars 1938
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