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Roger Pigault,comédien passé à la mise en scène, signe ce " Comptes à rebours "séduisant. D'abord par sa brochette d'acteurs, témoins d'une époque du cinéma et d'une époque tout court : Serge Reggiani, Michel Bouquet Marcel Bozzufi...

Une banale histoire de vengeance. Un malfrat trahi revient, une fois sorti de prison, pour régler ses comptes. Pigault se livre à un exercice de style et varie lieux et circonstances des exécutions ( garage, miroiterie, chemin de campagne, casino ).

Les personnages sont bien typés : Charles Vanel, muet et hémiplégique, en couple avec Simone Signoret ; Michel Bouquet borgne et le cher André Pousse.

Le rôle du destin nous amènerait presque à aller chercher le haut magistère de Fritz Lang. Ces hommes et ces femmes perdus se donnent l'illusion de la solidarité ou plutôt maintiennent celle-ci dans un monde où chacun est obsédé par ses passions et refuse d'y renoncer (vengeance, appât du gain, amour ). Le heurt des énergies et des volontés laisse tout de même intacts quelques îlots de fidélité ( l'adieu de Bozzufi à André Pousse, l'aide que reçoit Reggiani de la part de Vanel et Signoret)

Pour une fois ce n'est pas Simone Valere qui est l'épouse de Jean Desailly mais Jeanne Moreau, en pleine maturité sensuelle, et leur couple est un beau témoignage sociologique sur l'époque.

Quelques idées relevant du cinéma de genre comme le recours à un tueur froid et amateur de spectacle de Guignol ( hommage à Hitchcock et à Orson Welles de " La dame de Shangai " pour la galerie des glaces ) et quelques facilités, comme les derniers plans sur les chevaux de Camargue en liberté qui, loin de l'atténuer, avivent l'émotion ressentie via la tristesse affichée tout au long du film par Reggiani.

Un bon polar " témoin ". Roger Pigault, un an plus tard, réalisera avec Reggiani et Bozzufi " Trois milliards sans ascenseur " plus axé sur la parodie mais moins réussi.

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